Histoire

Le bâtiment

La fondation de la paroisse et la première église

La paroisse Saint Sébastien a été créée le 21 novembre 1593 suite à la construction de la Ville Neuve de Nancy, par décision du Duc de Lorraine, Charles III. Elle prend le nom de Saint Sébastien, le duc et son fils, le cardinal Charles, ayant une grande dévotion pour celui que l’invoquait en cas de maladie contagieuse.

Une chapelle « provisoire » est construite en trois mois pendant l’année 1603 par le premier curé Jean Maréchaudel. Elle durera cependant plus d’un siècle et verra notamment la naissance des premières religieuses de Saint Charles, le 22 juillet 1679.

La construction de l’église actuelle

En 1682, une première tour est édifiée (celle de gauche en regardant la façade). L’église provisoire, devenue délabrée et dangereuse, est finalement démolie en 1719. Le 20 juillet 1720, sous le règne du duc Léopold, la première pierre de l’église actuelle est posée. La toiture fut posée en 1725 et l’ensemble terminé en 1731.

L’architecte en fut Jean-Nicolas Jenneson (1686-1755) qui réalisa là son chef d’oeuvre. L’église fut bénie par le curé Jean Rémi le 30 septembre 1731 et consacrée le 9 août 1732 par l’évêque de Toul Scipion Jérôme Bégon.

L’église désacralisée à la Révolution

En 1790, le curé Joseph Carlot dû céder sa place à un prêtre assermenté, nommé Richier. Ce dernier abandonna cependant bientôt l’église. En 1794, elle servit d’asile d’aliéné, puis de magasin de paille. Ce n’est qu’après le concordat, en 1801, que l’édifice fut rendu au culte.

Le XXième siècle

En 1970, le creusement du parking du marché et les fondations du centre commercial provoquèrent une fragilité qui nécessita de très importants travaux de consolidations et de nettoyage qui durèrent plus d’une décennie. Des pierres tombaient en effet de la voûte.

La paroisse, qui était vers 1950 au cœur d’un quartier populaire a perdu de très nombreux habitants quand les maisons du XVIIème siècle furent démolies pour laisser place au centre commercial. La construction des tours derrière le centre a amené des populations nouvelles, d’un autre style.

En 1998, à la suite du décès du curé, l’église est confiée à la communauté jésuite par l’évêque de Nancy. Elle fait partie maintenant de la paroisse du centre ville Notre Dame de Bonne Nouvelle, qui comprend cinq lieux de culte et dont l’église principale est la cathédrale.

Visite l’église

Grâce à la collaboration de nombreux paroissiens, l’église Saint Sébastien demeure ouverte en semaine et le samedi à tous ceux qui désirent se recueillir ou prier, ainsi qu’aux touristes. N’hésitez pas à vous servir des petits fascicules à l’entrée.

Saint Sébastien

Données historiques

L’existence d’un culte à Rome est attestée d’après un document de 354 : Sébastien aurait vécu du temps du Pape Fabien (236 – 250) et serait d’origine milanaise. Sébastien est martyrisé à Rome vers 288 et enseveli dans une catacombe sur la Via Appia, près de la basilique qui porte son nom.

La légende

Un récit du V° siècle raconte sa vie et son martyr.

Sébastien, citoyen de Narbonne, élevé à Milan, est un soldat apprécié des empereurs Dioclétien et Maximien, qui lui confient le commandement de la première cohorte prétorienne, ignorant qu’il est chrétien. L’officier a en effet dissimulé sa foi afin de pouvoir mieux réconforter ceux qui sont promis au martyr. C’est ainsi qu’il exhorte à la fermeté les deux frères jumeaux Marcus et Marcellianus et, ce faisant, parvient à convertir aussi, par la parole et les miracles, tout leur entourage : les parents, le geôlier, sa femme, ses frères… En tout soixante-huit personnes recevront le baptême ! Le préfet Agrestius, voyant les miracles que provoquent ces conversions, finit par détruire les idoles qu’il adorait, pour se tourner vers le vrai Dieu… et obtenir la guérison ! C’est l’époque où Dioclétien et Maximien déclenchent une vaste persécution contre les chrétiens. Dioclétien accuse Sébastien d’avoir trahit sa confiance. Bien que Sébastien rappelle qu’il a toujours prié Dieu pour le salut de Rome, l’empereur ordonne de le percer de flèches, jusqu’à ce qu’il en soit criblé « comme un hérisson de ses piquants ». Après le supplice, Irène, une veuve pieuse, va prendre le corps pour l’ensevelir, mais constatant qu’il est encore vivant, le ramène chez elle pour le soigner. Guéri, Sébastien se place sur le chemin de l’empereur Dioclétien, afin de lui prouver que ce sont les prêtres païens qui accusent à tord les chrétiens. Ces derniers ne cessent de prier pour la sauvegarde de l’Empire. Arrêté, Sébastien est battu à mort et son corps est jeté dans l’égout principal de la ville. L’officier apparaît en songe à Lucine, une chrétienne, lui indique où elle trouvera son corps, et où elle aura à l’ensevelir.

Le saint patron

Saint Sébastien est fêté le 20 janvier : A partir du VII° siècle, il est vénéré comme un saint efficace contre la peste, au même titre que saint Roch, saint Antoine, saint Adrien et saint Christophe. Cette vénération vient de l’efficacité d’une procession avec des reliques de Sébastien qui mit fin à une peste à Rome en 680. Invoqué à Pavie pour les mêmes causes, il obtient le même miracle. Les grandes épidémies du Moyen-Age entraînent une renaissance de cet aspect du culte de Sébastien.

Saint Sébastien est aussi le patron des archers, arquebusiers et soldats.

L'orgue et sa restauration

Construit entre 1878 et 1881, le grand-orgue de Saint Sébastien répondait qu souhait de la paroisse d’édifier un orgue de prestige. Le choix se porta sur les facteurs d’orgues Dalstein et Haerpfer de Boulay (57). Considéré comme leur chef d’œuvre, il comporte 46 jeux sur 3 claviers et pédalier.

Si l’instrument comorte un grand récit expressif à la parisienne, certains jeux sont indéniablement empruntés à la facture zurtembergeoise et la technologie générale est nettement celle d’un orgue allemand, avec notamment l’emploi généralisé de sommiers à pistons. Ayant bien assimilé les deux esthétiques, Dalstein et Haerpfer en proposent à Saint Sébastien une synthèse impressionnante, créant un orgue européen avant la lettre.

L’instrument fut inauguré le 4 août 1881. A quelques menus détails près, l’instrument est resté dans son état d’origine. Ses qualités sonores sont demeurées intactes, mais la fiabilité du fonctionnement n’était plus assurée. La restauration qui est entreprise ici ne cherche donc pas à revenir à un état antérieur, il s’agit plutôt d’un grand relevage visant à remettre en parfait état  les très nombreuses pièces dont est constitué cet orgue, en remplaçant en copie celles qui sont trop usées pour rester fonctionnelles.

Chef d’œuvre de la maison Dalstein-Haerpfer, l’orgue de Saint Sébastien de Nancy est non seulement l’un des plus beaux instruments de Lorraine, c’est aussi un jalon important dans l’histoire de la facture d’orgues européenne dans la seconde moité du  XIXème siècle. A l’échelle de la ville de Nancy, il complète bien les autres orgues symphoniques, tels Saint Epvre, ou Saint Nicolas, qui sont d’esprit plus français.

L’inauguration et la bénédiction de l’orgue ont eu lieu le 19 octobre 2008.