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Saint-Martin de Longwy
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Rencontre avec Sœur Marie-Jean

On vous dit très occupée ! Quelles sont vos activités quotidiennes ?
Je vis dans le service de la prière où je porte avec la communauté des sœurs les joies et les peines de tous ceux que nous soignons et rencontrons.
Je vis mon apostolat auprès des malades et dans l’aumônerie des divers établissements de santé en collaboration fraternelle avec le prêtre aumônier et les équipes paroissiales.

Quel est votre itinéraire spirituel ?
Une vie de famille heureuse, bien placée au milieu de la fratrie, j’avais droit aux avantages des aînés et des plus petits.
Dans mon enfance, j’ai cru à tout : saint Nicolas, l’enfant Jésus venant apporter les cadeaux, le côté d’Adam, la baleine de Jonas au catéchisme avec un curé formidable.
Mon adolescence, pleine de vitalité et de curiosité pour la vie avec les études et les fêtes, fut plus tumultueuse d’après mon entourage.
Née sous les bombes à Morhange, cela ne pouvait être qu’explosif !
Ma vocation, ce n’était pas un coup de foudre !
Mais un appel aussi lointain que mon enfance et, cependant, je voulais beaucoup d’enfants trouvant mes parents riches de leurs six enfants.
Je fus une chrétienne médiocre durant ma jeunesse m’éloignant de toute pratique ou obligation.
Mais au fond de mon cœur, j’ai toujours gardé ma soif de vivre et Celui qui m’appelait (Jésus) dans le brouhaha des fêtes.
Que fallait-il choisir ?
Un jour, j’ai demandé conseil.
Maman m’a aidée à larguer les amarres lorsqu’elle m’a répondu tranquillement : « Fais ce que tu aurais voulu faire au soir de ta vie. »

Vous priez avant de visiter les malades ?
Notre oraison quotidienne accompagne nos activités.
Nos visites d’amitié, d’humanité sont tout simplement fraternelles.
Dieu préside ces rencontres surtout lorsque nous portons la communion aux personnes qui le désirent.

Quel est votre souvenir le plus douloureux ?
Les soins et l’accompagnement des personnes atteintes du VIH lors de la grande épidémie des années 1988 à 1996, lorsqu’il n’y avait encore que la trithérapie comme traitement,
ainsi que mon retour précipité d’Afrique terrassée par le paludisme et anéantie par la souffrance.

Quel est votre souvenir le plus fort ?
Mon entrée chez les Sœurs de Saint Charles, j’ai beaucoup reçu tant sur le plan spirituel qu’humain.
J’y ai gardé le cœur rempli de mon premier amour (Jésus).
Bien sûr, je n’ai pas eu de bisous, pas d’enfants, mais tant d’amitiés, de joie venant des élèves dans l’enseignement, puis des malades dans les soins infirmiers, dans les équipes de travail, des pauvres et que dire des frères africains.
Avec tous, j’ai appris la pauvreté du cœur, la présence de Dieu dans le vécu des joies et des imprévus, avec comme gros lots : l’Évangile et le compagnonnage jour après jour avec Jésus.

Quel est le saint ou la figure de foi que vous admirez ?
Saint Jean. Il est appelé très jeune par le Messie.
Très vieux, il se souvient toujours de la première rencontre (« C’était environ la dixième heure » Jean, 1.39.).
Ami très proche, discret, mais complice avec le Maître, on le suit tout au long de la mission de Jésus.
Il a ce beau geste de compassion, se penchant sur le cœur du Maître qui annonce tristement son départ au soir de la Pâque.
Il est l’homme de la fidélité ; sa logique le mène au pied de la croix alors que la mort de Dieu, échec apparent, confirme sa foi.
Au nom de tous les croyants, il y reçoit Marie pour mère et prendra soin d’elle.

Avez-vous un livre de chevet ?
Je lis beaucoup : des autobiographies, le journal La Croix… mais pour m’endormir plus facilement, il m’arrive souvent de faire des sudokus, des mots croisés ainsi qu’une dizaine du chapelet.

Si vous aviez un message à transmettre…
Dans la vie, les gens se laissent souvent encombrer par des « obligations ».
C’est important de savoir rester fidèle à sa conscience, aux appels reçus.