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Les apôtres Pierre et Paul
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Décès Père Michel FIEGEL

Nous vous informons du décès du Père Michel FIEGEL prêtre coopérateur du secteur pastoral du Pays-Haut, à l’âge de 73 ans, le mardi 4 juin 2013 en son presbytère de Herserange.
La cérémonie des funérailles présidée par Mgr Jean-Louis PAPIN aura lieu ce samedi 8 juin 2013 à 9h30 en l’église d’Herserange.
 

Un mot de présentation du Père Michel FIEGEL

L’abbé FIEGEL est originaire de Nancy, sur le territoire de la paroisse de Ste Thérèse. Orphelin de père très jeune, sa maman a courageusement assuré l’éducation de ses trois enfants Michel, Jean et Danièle. Danièle s’est mariée, Michel et Jean sont devenus prêtres.
Le Père Fiegel a fait ses études au petit séminaire, puis au grand Séminaire de Nancy. Il fut ordonné prêtre le 26 Mars 1966.
Envoyé en mission à Lunéville, il y restera 13 ans avec des ministères divers. En 1979, il rejoint le Pays Haut d’abord à Longlaville et un an après en 1980, il vient loger à Herserange où il aura diverses fonctions dont celle de doyen de notre ancien doyenné de Longwy.

C’était un homme de cœur qui avait l’art d’entrer en relation avec les personnes, attentif et sensible à tout ce qui faisait leur vie .
Pour lui aucune discrimination : « sans papiers », pauvres, responsables, élus, syndicalistes, riches, etc., tous étaient accueillis avec cœur, intelligence et égalité.
Il avait un sens aigu de la justice.
Chacun, ici présent, pourrait sans doute partager une de ses rencontres avec lui.

Mais nous savons que ce qui importait le plus au Père FIEGEL, c’était l’Eucharistie, qu’il tenait à célébrer tous les jours.
Entrons dans cette célébration avec vous Père Papin que nous vous remercions d’être là avec nous…

Célébration de la vie de Michel FIEGEL.
HERSERANGE, le 8 juin 2013.
 
Comme Françoise l’a rappelé au début de cette célébration, Michel a été ordonné prêtre en 1966, c’est-à-dire quelques 3 mois après la clôture du Concile Vatican II.
On peut dire, sans risque de se tromper, que Michel a été formé et ordonné prêtre dans ces grands moments, ces grands bouillonnements, qui ont marqué l’histoire de notre Eglise.
Aujourd’hui, Michel rassemble autour de lui tous ceux qui l’ont accompagné ou qu’il a accompagnés au long de sa vie.
Vous êtes ici pour témoigner , que Michel, sans distinction de personnes, dans un grand esprit de tolérance, s’est fait proches de vous.
 
Le concile dit ceci à propos du ministère et de la vie des prêtres :
« La conduite des prêtres, à l’exemple de celle du Seigneur, doit être extrêmement humaine envers tous les hommes.(….) Les prêtres ont à veiller (..) à ce que chaque chrétien parvienne, dans le Saint Esprit, à l’épanouissement de sa vocation personnelle selon l’Evangile à une amitié sincère et active et à la liberté dans le Christ. » MVP, N° 6
 
Les textes qui ont été choisi pour cette célébration, peuvent nous aider à entre dans l’action de grâces du christ au milieu de nous.
Je commence par cet évangile si bien connu et si difficile à mettre en œuvre. Le lavement des pieds…ce service était attendu des esclaves. Il ne s’agit pas d’un symbole. Il s’agit de laver des pieds poussiéreux et fatigués.
On ne lavait pas des pieds propres. On lavait les deux pieds, c’était « pour de vrai ». Jésus ne refuse pas cette place d’esclave, « aux pieds ». Lui qu’on appelle, à juste titre, le Maître et le Seigneur.
Par sa très longue histoire, presque 40 ans, dans le bassin de LONGWY Michel a été marqué profondément par cette histoire, par ces combats, par ces solidarités, par ces souffrances, par ces espoirs de la classe ouvrière.
« Pour de vrai », il s’est efforcé de rendre l’espoir et la vie, de procurer un peu de repos à des gens fatigués, déçus parfois, mais jamais abattus.
Il a été pour des militants ouvriers un véritable ami. Il s’est donné à eux, de tout cœur avec une grande sincérité. Il s’est investi au service de ces frères, quels qu’ils soient : militants, élus, enseignants, médecins etc… Il en parlait avec un très grand respect et une admiration profonde. Il en parlait avec une émotion comme on parle de ses amis les plus proches. Il avait pour tous une véritable affection, qu’il cachait parfois derrière quelques mots un peu bourrus.
 
Quelqu’un a fait remarquer (à l’inverse des commentaires habituels sur le lavement des pieds) que Michel n’a pas cherché à se mettre à la place de Jésus. Il s’est, plus modestement, glissé dans la peau des apôtres. Obligés d’accepter le service de l’esclave, la leçon de Jésus.
Cette leçon, Michel l’a reçue de tous ceux qu’il a rencontrés et admirés sincèrement. Il en a fait ses amis. Il a appris d’eux la leçon du service, du partage, de l’amitié.
D’eux aussi il a reçu le sens de son ministère de prêtre.
Et, contrairement à ce que l’on peut croire, ce n’est pas facile d’accepter. La réaction de Pierre est bien compréhensible : « non ! Jamais ! toi le Seigneur tu ne me laveras »
Ce n’est pas évident de recevoir l’Evangile, de recevoir son ministère de la part de gens très simples, de non-croyants, de ces « justes devant l’humanité » de ces artisans de paix, bref de tous ceux qui nous permettent d’avoir part avec Jésus.
On croit souvent qu’on a part avec Jésus parce qu’on a reçu « d’en haut » les « ordres sacrés », parce qu’on a l’autorité au nom de Dieu..
Or il faut que nous apprenions à recevoir d’en bas, de la part des esclaves.
Il y a tant à apprendre, toujours et encore, de la part des gens d’en bas. C’est un chemin obligé pour évangéliser.
Le pouvoir sacré de faire l’Eucharistie se trouve lui aussi parmi les gens des bas fonds de la société .
 
Paul est scandalisé par l’attitude de certains membres de la communauté de Corinthe…. C’est la première lecture. En effet lorsque les ouvriers des chantiers navals de Corinthe, lorsque les dockers du port viennent célébrer l’eucharistie après leur journée de travail…..ils trouvent la table vide, les plus oisifs, ne les ont pas attendus. Il ont tout mangé. Ce n’est pas ainsi que l’on peut, dit saint Paul, faire mémoire de Jésus. Il ne veut pas d’une Eglise qui méprise les petits.
Alors il s’écrie : « la vraie transmission que j’ai reçue c’est que, juste avant sa Passion, le Seigneur prit du pain et du vin… »
Michel a célébré l’eucharistie, fidèlement, au milieu et avec vous. Il a eu le souci que ce soit en vérité.
Que l’Eglise se donne à voir a travers des gestes concrets de partage, des signes vrais de solidarité.
J’ai été témoin de sa patience, de sa droiture, de son respect des petits, de son sens de l’Eglise.
 
C’est pour cela que Michel a été apprécié de vous. Parce qu’il a été le serviteur, le ministre d’une Eglise qui respecte, accompagne les personnes en vérité, « pour de vrai ».
Je crois que notre Eglise, c’est-à-dire nous-mêmes, devons être reconnaissants envers Michel FIEGEL et lui dire Merci du fond du cœur.
 
En préparant cette homélie, j’ai eu Jean au téléphone. Ce matin encore.
Il n’a pu être là avec nous. Il est lui aussi très gravement fatigué. Il a passé la nuit en Dialyse. Il en sort extrêmement fatigué. Il est uni à nous dans la prière. Il montera à la chapelle de la Vierge des pauvres, qui domine NANCY.
Je tiens à lui dire que nous ne l’oublions pas alors même que nous faisons mémoire de Jésus offrant sa vie pour le salut du Monde.
 
Vincent THOMAS