Archéologie & Nouveau Testament

Chaque année, trois cents sites sont fouillés en Israël avec quarante mille objets répertoriés. De ce fait, Jésus et son époque nous sont mieux connus, surtout en raison de récentes découvertes.

En novembre 2002, un reliquaire en pierre calcaire datant du Ier siècle de notre ère est découvert à Talpiot, quartier de Jérusalem. Une inscription en araméen figure sur une urne funéraire (ossuaire de Silwan) : « Jacques, fils de Joseph et frère de Jésus ». Certains archéologues et experts comme André Lemaire y voient une confirmation de l’existence de Jésus alors que d’autres, plus prudents, signalent que ce sont là des prénoms fréquents dans la Palestine d’autrefois.

En septembre 2013, la ville de Dalmanoutha citée par saint Marc dans son évangile (8, 10) aurait été retrouvée à proximité du lac de Tibériade. Par conséquent, nous connaissons mieux maintenant, selon Ken Dark de l’université de Reading, le lieu de de la multiplication des pains.

Le 20 octobre 2016, au coeur de l’église du Saint-Sépulcre à Jérusalem, sous la plaque de marbre bien connue et si souvent photographiée situant l’emplacement du tombeau du Christ, une seconde dalle de marbre gris est mise à jour. Elle porte une croix gravée, datant du XIIe siècle (période des croisades) et ce serait la preuve de l’existence d’une banquette funéraire vénérée en fait depuis l’Antiquité.

En mars 2017, à Nazareth, bourg dont on a retrouvé des vestiges en 2009, est apparue une maison où Jésus aurait pu grandir, selon l’archéologue britannique Ken Dark de la Reading university. Ceci serait accrédité par la date, à savoir le Ier siècle et par la riche décoration byzantine ajoutée postérieurement en signe d’hommage et qu’un texte du VIIe siècle mentionne.

Mais on n’en finirait pas d’énumérer les objets découverts concernant cette époque : pièces de monnaie, bijoux, ustensiles de cuisine, vases, poteries, clous de crucifixion… L’anthroponymie1 n’est pas en reste : Pilate, « préfet de Judée » sur une stèle à Césarée en 1961 et sur une bague authentifiée en 2018, le nom du grand-prêtre Caïphe sur un tombeau en 1990. L’historicité de ces personnages bibliques ne laisse donc pas place au doute.

Il en est de même pour la toponymie2 : la piscine aux cinq portiques (Jean 5,2) découverte en 1888, la cour pavée du palais du gouverneur trouvée en 1937. Toutes ces fouilles, comme celles qui eurent lieu par le passé à Bethsaïde (Julias) en 1970, à Magdala, à Capharnaüm (maison de Pierre), tendent à confirmer les dires du Nouveau Testament concernant l’époque et parfois concordent remarquablement avec les récits évangéliques de la vie de Jésus.

Dominique Jacob

1. Anthroponymie : étude des noms propres
2. Toponymie : étude des noms de lieux.

Légende photos : Synagogue antique de Capharnaüm et vue d’ensemble de la même ville en Israël.

LE GOLGOTHA
La mère de Constantin, sainte Hélène, a placé le Golgotha et le tombeau du Christ dans l’enceinte des murailles de Jérusalem.
Or l’Évangile les situe à l’extérieur. Qui avait tort ?
L’archéologie a démontré que vers 40 après J.-C., Hérode Agrippa avait décalé les murailles vers le nord.