Diocèse de Nancy - Catholiques en Meurthe-et-Moselle

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Accueil du Père Ferdinand

L’abbé Ferdinand Kimamara a rejoint l’équipe de prêtres de la paroisse du Bon Pasteur courant novembre. Ferdinand était déjà arrivé en août 2015 sur le secteur de Nancy sud. Nous lui souhaitons la bienvenue !

L'abbé Ferdinand Kimamara est né en 1973 au Burundi. Il fut ordonné prêtre en 2003 dans le diocèse de Gitega (en plein coeur du Burundi).

Sa dernière nomination date de 2015 où il a intégré le secteur pastoral de Nancy Sud comme prêtre coopérateur agissant sur les 3 paroisses de ce secteur.

L'abbé Ferdinand est également prêtre référent à l'école Notre-Dame de Bonsecours.

Faisons plus ample connaissance

« Je m’étais préparé à quitter le Burundi, mais pas pour la France ; je devais partir pour l'Espagne afin  d’y suivre une formation de théologie spirituelle. Pour des raisons de retard administratif, mes études sont  reportées de deux ans ; je suis alors envoyé en mission dans le diocèse de Nancy-Toul . Mais j’aime me rappeler que  « Pour Saint Paul, tout est grâce »  

« Comme moi, il y a en Europe plus de quarante prêtres de mon diocèse envoyés par mon évêque ! »    

Né au Burundi en 1973 dans une famille très croyante, cinquième d’une famille de 10 enfants,  il est ordonné prêtre le 19 juillet 2003 puis nommé vicaire dans une paroisse burundaise. Son curé est un prêtre Fidei Donum (*) d’origine italienne. Dans sa paroisse vient alors s’installer un nouveau monastère de moniales cisterciennes qui appliquent la stricte observance de la règle  de Saint Benoît . Cette installation, initiée par mère Léonie, était un projet de vie monastique intégrant les éléments de la culture burundaise. Ferdinand est alors  détaché et devient le premier aumônier et l’économe de ce monastère. Cette expérience de dix ans enrichit sa spiritualité.  Aujourd’hui  lorrain d’adoption, il aime à se retirer pour des méditations et de longues marches, le long du canal, de Jarville à Maxéville par exemple, dans le silence et dans l’écoute ; « je suis celui qui ne fait pas de bruit ». « J’aime rencontrer les moines notamment et je suis allé à l’abbaye d’Acey au nord du département du Jura. La nudité de ce cadre crée ce désert  que Dieu vient habiter. On quitte le tumulte du monde et on porte le regard sur l’essentiel. J’aime aussi la montagne que j’ai découverte avec le père Philippe Gauer ».

Au Burundi le climat est très favorable avec des variations de température allant de 16 à 26 degrés au fil de l’année. Les jours et les nuits sont de douze heures sans variation. Quelle surprise de découvrir le climat lorrain !  Mais ma spiritualité m’a forgé et permis l’endurance dans les choses difficiles, le froid est pour moi une sorte de mortification ; j’apprends à l’accueillir de façon positive. C’est une sorte de combat où je dois tenir et arriver au bout. J’ai découvert de manière plus agréable les fruits de mer, les escargots et les grenouilles, le munster et les viandes saignantes. Nous sommes, par toutes les rencontres au fil de nos mutations, préparés aux échanges et à l’ouverture culturelle.  La nuance, la différence enrichit, tout ce qui m’arrive, lorsque je réussis à l’intégrer, change quelque chose en moi, me stimule, me fait croître.

Je rencontre ici des personnes qui ont cette soif, qui sont heureuses de ces échanges, qui ont le sens de l’Église universelle et expriment un  sentiment de gratitude. J’accompagnais dans le secteur un groupe de cheminots chrétiens, souvent ils me demandaient de chanter dans ma langue sur des rythmes africains et s’en montraient reconnaissants. Ce qui est dur, c’est cette société déchristianisée, ces églises vides, cette absence des jeunes aux offices ; venant du Burundi, c’est un étonnement pour moi. ».

L’abbé Ferdinand est un homme ouvert. Son expérience, sa gentillesse, son « discours » sont un appel  à l’échange entre les cultures. Cette vision  ne peut qu’être bien reçue et alors stimuler notre propre  ouverture dans un monde un peu « frileux».

Il demande à être appelé Abbé Ferdinand ; « Abbé », comme on le fait en Afrique pour les prêtres diocésains.

(*) les prêtres Fidei Donum envoyés restent attachés à leur diocèse d’origine et y reviennent après plusieurs années passées en mission.       

 

Propos recueillis par Philippe Jagot pour l'Echo du Bon Pasteur de Noël