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LE VENDREDI SAINT

Crucifixion_anonyme_Unterlinden Colmar

Célébration de la Passion du Christ

Le Vendredi Saint est le vendredi qui précède le dimanche de Pâques. C’est le jour où l’on se remémore tous les évènements ayant conduit à la mort de Jésus. Après son dernier repas où il partage le pain et le vin comme étant les symboles de son corps et de son sang bientôt sacrifiés sur la croix, le Christ se prépare à la mort.

Tout d’abord par la prière dans le jardin de Géthsémani, au pied du Mont des Oliviers.

 

Écoutons le récit de Matthieu, l’évangéliste

 

Alors Jésus parvient avec eux (les douze apôtres) à un domaine appelé Gethsémani et leur dit : « Asseyez-vous ici, pendant que je vais là-bas pour prier. »
Il emmena Pierre, ainsi que Jacques et Jean, les deux fils de Zébédée, et il commença à ressentir tristesse et angoisse. Il leur dit alors : « Mon âme est triste à en mourir. Restez ici et veillez avec moi. »
Allant un peu plus loin, il tomba face contre terre en priant, et il disait : « Mon Père, s’il est possible, que cette coupe passe loin de moi ! Cependant, non pas comme moi, je veux, mais comme toi, tu veux. »
Puis il revient vers ses disciples et les trouve endormis ; il dit à Pierre : « Ainsi, vous n’avez pas eu la force de veiller seulement une heure avec moi ? Veillez et priez, pour ne pas entrer en tentation ; l’esprit est ardent, mais la chair est faible. »

(Mt 26, 36-41)

L'agonie au Jardin, El Greco (ArtBible.org)

 

Trois fois Jésus va prier son Père puis retrouver ses disciples endormis avant de les réveiller lorsque Judas s’approche pour le trahir.

 

Levez-vous ! Allons ! Voici qu’il est proche, celui qui me livre. 
Jésus parlait encore, lorsque Judas, l’un des Douze, arriva, et avec lui une grande foule armée d’épées et de bâtons, envoyée par les grands prêtres et les anciens du peuple.
Celui qui le livrait leur avait donné un signe : « Celui que j’embrasserai, c’est lui : arrêtez-le. » Aussitôt, s’approchant de Jésus, il lui dit : « Salut, Rabbi ! » Et il l’embrassa.
Jésus lui dit : « Mon ami, ce que tu es venu faire, fais-le ! » Alors ils s’approchèrent, mirent la main sur Jésus et l’arrêtèrent.

(Mt 26, 46-50)

 

Jésus est ensuite conduit chez le grand-prêtre Caïphe où il est jugé une première fois.

A l’extérieur, Pierre va le renier trois fois face aux suspicions insistantes de certains. Et pourtant il sera plus tard choisi par Jésus pour être le premier chef de l’Église.

 

 

 

Retable des dominicains, Martin Schongauer (musée Unterlinden, Colmar)

 

 

Le matin venu, tous les grands prêtres et les anciens du peuple tinrent conseil contre Jésus pour le faire mettre à mort.
Après l’avoir ligoté, ils l’emmenèrent et le livrèrent à Pilate, le gouverneur.

On fit comparaître Jésus devant Pilate, le gouverneur, qui l’interrogea : « Es-tu le roi des Juifs ? » Jésus déclara : « C’est toi-même qui le dis. » Mais, tandis que les grands prêtres et les anciens l’accusaient, il ne répondit rien.
Alors Pilate lui dit : « Tu n’entends pas tous les témoignages portés contre toi ? » Mais Jésus ne lui répondit plus un mot, si bien que le gouverneur fut très étonné.
Or, à chaque fête, celui-ci avait coutume de relâcher un prisonnier, celui que la foule demandait. Il y avait alors un prisonnier bien connu, nommé Barabbas. (…)
Les foules s’étant donc rassemblées, Pilate leur dit : « Qui voulez-vous que je vous relâche : Barabbas ? ou Jésus, appelé le Christ ? » Il savait en effet que c’était par jalousie qu’on avait livré Jésus.
Les grands prêtres et les anciens poussèrent les foules à réclamer Barabbas et à faire périr Jésus. Alors, il leur relâcha Barabbas ; quant à Jésus, il le fit flageller, et il le livra pour qu’il soit crucifié.
Alors les soldats du gouverneur emmenèrent Jésus dans la salle du Prétoire et rassemblèrent autour de lui toute la garde. Ils lui enlevèrent ses vêtements et le couvrirent d’un manteau rouge. Puis, avec des épines, ils tressèrent une couronne, et la posèrent sur sa tête ; ils lui mirent un roseau dans la main droite et, pour se moquer de lui, ils s’agenouillaient devant lui en disant : « Salut, roi des Juifs ! »

Quand ils se furent bien moqués de lui, ils lui enlevèrent le manteau, lui remirent ses vêtements, et l’emmenèrent pour le crucifier. En sortant, ils trouvèrent un nommé Simon, originaire de Cyrène, et ils le réquisitionnèrent pour porter la croix de Jésus. Arrivés en un lieu dit Golgotha, c’est-à-dire : Lieu-du-Crâne (ou Calvaire), ils donnèrent à boire à Jésus du vin mêlé de fiel ; il en goûta, mais ne voulut pas boire. Après l’avoir crucifié, ils se partagèrent ses vêtements en tirant au sort ; et ils restaient là, assis, à le garder.
Au-dessus de sa tête ils placèrent une inscription indiquant le motif de sa condamnation : « Celui-ci est Jésus, le roi des Juifs. »

(Mt 27, 1-2 et 11-37)

 

 

 

Le Calvaire, Giovanni Bellini

 

 

 

 

Après la mort de Jésus, à l’approche du sabbat, on décida de l’ensevelir.

 

Comme il se faisait tard, arriva un homme riche, originaire d’Arimathie, qui s’appelait Joseph, et qui était devenu, lui aussi, disciple de Jésus. Il alla trouver Pilate pour demander le corps de Jésus. Alors Pilate ordonna qu’on le lui remette. Prenant le corps, Joseph l’enveloppa dans un linceul immaculé, et le déposa dans le tombeau neuf qu’il s’était fait creuser dans le roc. Puis il roula une grande pierre à l’entrée du tombeau et s’en alla. (...)

 

Retable des dominicains, Martin Schongauer
(musée Unterlinden, Colmar)

 

Le lendemain, après le jour de la Préparation, les grands prêtres et les pharisiens s’assemblèrent chez Pilate, en disant : « Seigneur, nous nous sommes rappelé que cet imposteur a dit, de son vivant : “Trois jours après, je ressusciterai.” Alors, donne l’ordre que le sépulcre soit surveillé jusqu’au troisième jour, de peur que ses disciples ne viennent voler le corps et ne disent au peuple : “Il est ressuscité d’entre les morts.” Cette dernière imposture serait pire que la première. » Pilate leur déclara : « Vous avez une garde. Allez, organisez la surveillance comme vous l’entendez ! » Ils partirent donc et assurèrent la surveillance du sépulcre en mettant les scellés sur la pierre et en y plaçant la garde

(Mt 27, 57-66)

 

Ce récit est d’une grande tristesse. Il constitue l’essentiel de l’office célébré le vendredi saint. Les chrétiens sont appelés au jeûne ce jour là « pour s’unir aux souffrances du Christ ».

 

Méditation

 

Dans sa première lettre, l’apôtre Pierre nous explique simplement la raison du supplice de Jésus :

« Christ aussi a souffert, et ce une fois pour toutes, pour les péchés. Lui le juste, il a souffert pour des injustes afin de vous conduire à Dieu. Il a souffert une mort humaine, mais il a été rendu à la vie par l’Esprit. »

(1 Pierre 3, 18)


Il a porté le poids de nos péchés afin que, dans tous les âges, nous puissions en être pardonnés. Il a accompli une fois pour toutes le sacrifice ultime, signe de la Nouvelle Alliance entre Dieu et les hommes.

Désormais nous sommes dans l’attente de la résurrection que nous célébrerons le jour de Pâques. Ce sera une grande joie et un jour de fête, la plus grande fête de l’année pour les chrétiens.

 

En attendant, comme pour le Jeudi Saint, écoutons à nouveau le cardinal Lustiger :

Priez pour ne pas entrer dans l’épreuve où Jésus est entré. Que dire de cette épreuve ? Le poids que porte à l’avance Jésus, le Saint de Dieu, pur de tout péché, c’est le drame insupportable du mal qui accable les hommes. Nous le supportons, parce que, aveuglés, nous ne savons plus reconnaître dans la mort, le mal et, dans le mal, le péché ; parce que nous n’arrivons pas à comprendre la mesure de l’état de rupture spirituelle dans lequel nous vivons. Le péché ne se révèle plus comme une blessure. La blessure ne se révèle plus comme liée au péché. Et la mort peut même parfois nous paraître séduisante. Sans qu’il s’en rende compte, l’homme cède à sa fascination, cède à l’envie de se détruire ou de détruire son frère. Dans la souffrance, Jésus voit l’abîme du mal et du péché ; il prend sur ses épaules le poids écrasant de ce mal et du péché. Dans sa sainte liberté, il porte nos souffrances et sa mort nous rend la vie.

Le Vendredi Saint, comment nous situer devant la croix du Christ ? Entrez dans le mystère de la prière persévérante. Priez pour ne pas entrer en tentation. Prenez le temps de méditer le mystère de la Passion. La piété populaire nous propose le Chemin de Croix. C’est très court, mais c’est une bonne manière de prier, même si les quatorze stations ne permettent pas de méditer tout le récit de la Passion. Mais, si vous avez le temps, prenez chaque moment de la Passion proclamée le Vendredi Saint et, guidés par la Parole de l’Évangile, contemplez le Christ. Écoutez-le. Partagez son silence. Patiemment, à la suite du Christ qui subit sa Passion par amour pour nous, peu à peu, dans votre cour, va s’inverser le scandale du mal. Non pas qu’il devienne compréhensible, mais supportable parce que porté par le Christ et avec lui. Le “mystère d’iniquité” (comme l’appelle saint Paul, 2 Th 2, 7) est vaincu par le mystère de la suprême justice et du pardon. Il faut persévérer dans la prière jusqu’à ce que nous prenions la mesure de notre péché, et la mesure du pardon que nous recevons, et la mesure de la miséricorde dont nous sommes désormais les ministres, les serviteurs, les témoins.

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