Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Catholiques en Meurthe-et-Moselle

Saint Léon IX

Alsacien par son père et lorrain par sa mère, Léon IX, né en 1002, fut un grand pape et un grand saint. Présentation d'un voyageur infatigable et pasteur d'exception.

 

Appelé à un destin épiscopal prestigieux.

Peu importe de savoir où Brunon, fils du comte d’Eguisheim et d’une comtesse de Dabo, a vu le jour en 1002. Une chose est sûre, il a passé trente-neuf ans en Lorraine. Entré dès l’age de cinq ans à l’école de la cathédrale de Toul, il y est écolier puis étudiant. Jeune diacre, il est alors envoyé à Worms, où son cousin devenu empereur sous le nom de Conrad II, le prend comme chapelain.
Il semble appelé à un destin épiscopal prestigieux. Mais il accepte l’évêché de Toul, un évêché frontalier. Il a tout juste 24 ans.

Homme de prière et réformateur

 
Durant vingt deux ans, Brunon donne la mesure de son savoir-faire. Sur le plan politique, il s’attache à la réconciliation de l’empereur avec le roi de France Robert le Pieux, et à la défense de son évêché contre les ambitions des comtes de Champagne. Sur le plan spirituel, il lutte contre la simonie, en contrecarrant l’influence des familles aristocratiques qui se partagent les attributions des bénéfices ecclésiastiques, en choisissant des hommes à leur solde et en vendant les charges. Il s’attaque aussi à la réforme des abbayes. Proche du courant bénédictin, il  prend  modèle sur Cluny.
Grand, blond, mince, représenté avec une barbe, Brunon est un homme doux et humble. Proche des pauvres, généreux, il distribue lui-même à manger lors des famines. Musicien de bon niveau, il aurait composé des offices liturgiques.

Pèlerin aux pieds nus
 

Choisi comme pape en novembre 1048, par son cousin l’empereur Henri III, il accepte la charge, à condition que le clergé et le peuple de Rome le désignent par acclamation. À cette époque, la papauté est complètement discréditée. Son prédécesseur immédiat avait siégé vingt-trois jours avant d’être empoisonné. Il arrive à Rome en février 1049, comme un pèlerin, pieds nus. Il a quarante six ans. Tout de suite il s’entoure d’hommes de confiance ; parmi eux deux futurs papes, Frédéric de Lorraine, le futur Etienne IX, et Hildebrand, un moine de Cluny, futur saint Grégoire VII. Son souci majeur est de rendre sa liberté à l’Église pour asseoir sa crédibilité et sa respectabilité. Il choisit de s’appeler Léon en référence à Léon le Grand qui protégea Rome contre Attila.

Un voyageur infatigable


Trois mois à peine après son arrivée sur le siège de Pierre, le Pape Léon organise un synode contre les simoniaques. Puis il se met en route et convoque un concile à Reims en octobre 1049 et un autre à Mayence. Pendant les cinq ans de son pontificat, il voyage durant trois ans et demi. Il reviendra souvent en Lorraine et particulièrement à Toul puisqu’il cumulera quelques années la charge d’évêque de Toul avec celle de pape. Partout où il passe, il donne l’impulsion du changement. Il procède à des canonisations, à l'élévation de reliques de saints, et consacre des édifices comme les cryptes de Remiremont, l’église Saint-Arnoul à Metz et l’abbatiale du Mont-Sainte-Odile.

Prisonnier des Normands


La tâche n’est pas facile. Le pape rencontre une opposition brutale. Pendant ce temps, les Normands installés dans le sud de l’Italie pillent et massacrent. Une ligue est constituée, elle réunit les Byzantins et le pape. Mais les troupes pontificales sont massacrées et le pape est fait prisonnier par Robert Guiscard. C’est un choc terrible. Quand il rentre à Rome en février 1054, Léon IX est épuisé. Sentant la mort venir, il se fait transporter à Saint-Pierre où il meurt le 19 avril. Il est enterré sur place et de nombreux miracles se produisent sur son tombeau. Il est canonisé en 1087.

Un pontificat court, achevé par une débâcle politique qui n’a pas permis à Léon IX de mener jusqu’au bout son entreprise de réforme. Ce sera la tâche de son collaborateur Hildebrand, le futur saint GrégoireVII. Mais son courage pour assurer l'indépendance de l’Église et lui donner un clergé digne, son respect pour les pauvres et son souci de la paix (il a favorisé la trêve de Dieu), ont rendu à la fonction pontificale l’estime qu’elle avait perdue. Le rythme de ses voyages est impressionnant, ce fut un pape éminemment européen.