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Catholiques en Meurthe-et-Moselle

Georges Guérin

Ordonné prêtre en 1925, l’abbé Georges Guérin est le fondateur de la JOC en France. Itinéraire d’un enfant du Toulois qui a consacré sa vie aux jeunes travailleurs.

Si Georges Guérin est bel et bien un enfant du Toulois (il naît à Écrouves le 24 octobre 1891 et va à l’école à Grandménil), les choses de la vie l’amènent très tôt à quitter la Lorraine. Suite au changement de propriétaire de la saboterie où travaille le père, toute la famille prend en effet ses valises pour s’installer en région parisienne. Désormais, son père, Henri, n’est plus galochier, mais employé de bureau. Quant à Georges, il a 14 ans quand il commence à travailler, embauché en tant qu’ouvrier dans la même entreprise que son père.

L’autre changement d’envergure dans la vie du jeune Georges survient quelques années plus tard : le 10 octobre 1912, il est appelé au service militaire. Le voilà affecté à la caserne Chevert, à Verdun. Il devient sergent un an plus tard. C’est après une permission de quelques jours, mise à profit pour passer Noël en famille, qu’il prend la décision de devenir prêtre. Mais il faut se préparer à la guerre…

Dès le début du conflit, son régiment est chargé de la défense de Fresnes-en-Woëvre. Le jeune soldat est blessé à plusieurs reprises et frôle même la mort : le 28 septembre 1915, alors qu’il est en première ligne, une balle lui traverse le bassin. Grièvement blessé, il met de longs mois avant de se rétablir. En 1919, il est enfin démobilisé et peut ainsi rejoindre le séminaire.

Le début d’une longue aventure

 

Georges Guérin a 34 ans quand il est ordonné prêtre par le cardinal Dubois. Nous sommes en 1925. Au même moment, en Belgique, un prêtre issu d’un milieu modeste, l’abbé Joseph Cardijn, et deux laïcs, Paul Garcet et Fernand Tonnet, lancent une association de jeunes chrétiens du monde ouvrier : la Jeunesse ouvrière chrétienne, plus communément appelée la JOC, est née. Pour Georges Guérin, nommé vicaire à Clichy, la grande aventure jociste est également sur le point de commencer. Après avoir découvert les publications belges de la JOC, il se rapproche de ses fondateurs, puis élabore les principes d’un rassemblement français de la jeunesse ouvrière : il propose alors aux jeunes ouvriers qu’il rencontre de réfléchir, de se former et d’agir. Il les encourage à militer dans des syndicats et à participer à des groupes d’étude de la doctrine sociale de l’Église. Dans un contexte industriel et ouvrier, la JOC et la JOC féminine se développent dans toute la France et deviennent rapidement un mouvement de masse. Partout où vivent des jeunes travailleurs, les jocistes s'engagent. Le père Guérin est poussé par l’intuition que l'Église et les jeunes travailleurs ont besoin d'un mouvement « Entre eux, par eux, pour eux ».

Las, l’horizon s’assombrit à nouveau. Vingt ans après sa démobilisation, l’abbé Guérin voit éclater un nouveau conflit mondial. Durant cette période, de nombreux jocistes choisissent le maquis et la résistance. D’autres, pour soutenir leurs camarades, partent au Service du travail obligatoire. Certains seront déportés pour avoir mené des actions clandestines. L’un d’entre eux, Marcel Callo, sera béatifié par Jean Paul II en 1987. L’abbé Guérin, accusé en 1943 de poursuivre les activités de la JOC, est interrogé par la Gestapo puis incarcéré durant 142 jours…

La reconstruction


Au lendemain de la guerre, les difficultés ne manquent pas : les militants sont moins nombreux, la jeunesse n’est plus la même… L’abbé Guérin ne se décourage pas pour autant, allant sur le terrain à la rencontre des uns et des autres, comme il avait pu le faire vingt ans plus tôt. Ainsi contribue-t-il à l’évangélisation de la jeunesse ouvrière jusqu’à la fin de sa vie, qui survient le 15 mars 1972. Il repose depuis au cimetière de Bagneux, au côté de son frère Louis. Décrit comme un fondateur modeste, voire effacé, y compris lors des plus grandes manifestations jocistes, Georges Guérin laisse l’image d’un prêtre respectueux des laïcs, soucieux de ne pas rompre avec la classe ouvrière et son mouvement.
 

Sources : Cercle généalogique de Liverdun et du Toulois – www.joc.asso.fr