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Catholiques en Meurthe-et-Moselle

Alfred Vacant

Le parcours d'un érudit devenu architecte d'un projet colossal : la réalisation, dès 1890, d'un Dictionnaire de théologie catholique en trente volumes.

C'est à Mortonfaine, le 23 février 1852, que naît Alfred Vacant. Fils de paysans mosellans aisés, le jeune homme, après des études au Petit séminaire de Montigny, poursuit sa formation au Grand séminaire de Metz. Passionné de philosophie, d'hébreu et de culture allemande, il se montre ouvert à toute nouveauté. Au moment de son ordination, il opte pour le diocèse de Nancy. Après un court vicariat à Lunéville, il est nommé professeur au Grand séminaire de Nancy en 1876, tout en poursuivant ses grades universitaires de théologie à la faculté de l'Université de Lille. La thèse qu'il y soutient en 1879 porte sur La connaissance naturelle que nous avons de Dieu. Il est alors le premier docteur en théologie des facultés récemment restaurées en France. Il publie dans les revues de sciences religieuses, mais ne s’arrête pas là : il passe avec succès le baccalauréat ès Lettres à Lyon, suit les cours de la faculté des Lettres de Nancy, dans la section de philosophie, de 1882 à 1884,  et obtient une licence, à Paris, en avril 1884. Le jeune professeur est sollicité de toutes parts : le directeur du Dictionnaire d’apologétique ou M. Vigouroux pour le Dictionnaire de la Bible font appel à lui. Il devient dans le même temps membre de sociétés savantes et de l’Académie de Stanislas.
 

Mise en chantier


C'est pour donner aux prêtres les moyens d’étudier qu'il fonde en 1890 une bibliothèque circulante dont les ouvrages sont mis gratuitement à disposition des prêtres. La même année, il devient le directeur de la bibliothèque du Grand séminaire. Il entreprend un catalogue général sur fiches (d'ailleurs toujours d'actualité). C'est dans ce cadre qu'on le sollicite pour prendre la direction d'un nouveau projet de l’éditeur parisien Letouzey : la publication, aux côtés de quatre autres dictionnaires composant une nouvelle encyclopédie catholique, d'un Dictionnaire de théologie catholique. Justement, l’abbé Vacant réfléchit depuis longtemps à ce que doit contenir un tel ouvrage et surtout à la manière dont il convient d’approcher la théologie. En particulier, il souhaite montrer l'évolution des dogmes catholiques, en sollicitant toutes les sources de la théologie, les conciles, l'enseignement des papes, mais aussi les apports théologiques des différentes Églises nationales. Pour l'époque, relativement figée, la perspective est novatrice. Ainsi devient-il l’architecte d'un projet gigantesque. Il prépare un plan d’ensemble et, encouragé par son évêque Mgr Turinaz, se met à la recherche de collaborateurs. Le rejoignent notamment dans son effort des professeurs du Grand séminaire, dont les pères Langin, Garnier, Clamer et Marchal. Une grande œuvre collective se dessine.
 

Un projet colossal poursuivi par d'autres

 

Malheureusement, l’abbé ne voit que le début de son dictionnaire : ne se ménageant pas, toujours à l'œuvre, il succombe d'une grippe le 2 avril 1901. Il n'a que 49 ans. Jean-Eugène Mangenot puis l'abbé Emile Amann achèvent son travail. Nous sommes en 1950. Force est de reconnaître que le Dictionnaire de théologie catholique en impose : il compte 30 volumes auxquels s'ajoutent trois volumes de tables ! Dès lors, si le concile Vatican II fait que ce dictionnaire est aujourd'hui à bien des égards dépassé, il n'en reste pas moins qu'il aura influencé la formation des prêtres durant près de 60 ans. Aussi peut-on admirer l'entreprise considérable portée par des hommes ayant su faire preuve d'une grande rigueur, mais aussi d'une véritable ouverture théologique, pour livrer une réalisation d'une ampleur sans équivalent aujourd'hui.

Source : www.academie-stanislas.org