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Nancy - Église Saint-Sébastien Nancy - Église Saint-Sébastien

Homélie du père J.-M. Munier pour la messe d'envoi en mission

A l'occasion du 2ème dimanche de l'Avent, le 7 décembre 2014

« Hommes de Galilée, pourquoi restez-vous ainsi à regarder le ciel ? Celui qui vous a été enlevé, ce même Jésus, viendra comme cela, de la même manière dont vous l'avez vu s'en aller vers le ciel » (Ac1, 11). Voilà près de deux milles ans que des anges ont fait cette annonce aux apôtres après l’Ascension de Jésus. Deux milles ans d’attente, de patience, et même peut-être quelques fois d’impatience, mais en tout cas deux milles ans de préparation. Peut-être sommes-nous alors habités par une question : « Est-ce que ça va durer encore longtemps ? ». Bien que je ne sois pas Normand, j’aurais envie de répondre « P’têt bien que oui ; p’têt bien que non ». En effet, personne ne sait ni le jour, ni l’heure.

 

         Mais ce que nous dit St Pierre dans sa deuxième lettre, est assez réconfortant : le Seigneur « veut que tous aient le temps de se convertir ». Voilà le maître mot qui marque cette attente : la conversion. Une conversion de chaque instant, mais qui prend une acuité toute particulière pendant ce temps de l’Avent. Ce temps liturgique, vous le savez bien, nous situe par rapport à trois attentes : celle du peuple d’Israël qui attend un Messie ; celle du temps de grossesse de Marie qui attend la naissance de Jésus ; et celle enfin de la venue du Fils de l’homme dans la gloire, telle que nous le proclamons lors de l’anamnèse. Pour vivre cette attente, et signifier cette conversion, les indications des textes de ce jour utilisent des images parlantes. « Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers ». Il nous faut donc reconnaître lucidement et humblement nos ravins : ces trous béants dans lesquels nous tombons trop souvent. Il nous faut abaisser les montagnes et collines de notre orgueil qui nous fait croire que nous sommes forcément meilleurs, que nous pouvons tout, même sans Dieu. Il nous faut rendre droit ses passages tortueux que nous empruntons trop souvent, où notre intention n’est pas droite, où notre conscience déjà nous condamne. Il nous faut enfin, selon toujours le prophète Isaïe, changer en plaine les escarpements de notre vie. Le pape Benoît XVI disait tout cela autrement, mais en gardant bien cette idée de conversion : « la liturgie de l’Avent nous répète constamment que nous devons nous détacher du sommeil de l’habitude et de la médiocrité, que nous devons abandonner la tristesse et le découragement; qu’il nous faut réconforter nos cœurs car ‘ le Seigneur est proche’ ».

 

         C’est bien tout cela la conversion, et à moins de nous mentir, chacun voit bien ce que cela peut signifier dans sa vie. L’apôtre St Pierre, dans la seconde lecture, nous rappelait le but de cette conversion, nous finissions par cette phrase : «en attendant cela, faites tout pour qu’on vous trouve sans tache ni défaut, dans la paix ». Faites tout. Cette totalité est bien celle de la conversion, du changement de vie, du retournement complet. Et bien plus que le résultat de nos efforts, cette conversion est le fruit d’un abandon à la grâce de Dieu. « Voici que je fais toutes choses nouvelles » (Ap 21, 5) déclare dans l’Apocalypse celui qui siège sur le trône. Le Seigneur fait ainsi de la nouveauté dans notre vie, il fait de la nouveauté dans l’Église… une Eglise qui est à la fois toujours la même, et toujours différente !

 

         Ici, à St Sébastien, la nouveauté a pu être vécue difficilement depuis quelques mois. Sans mauvaise volonté de quiconque, le changement a pu causer du trouble. Après la départ inattendu des jésuites, il a fallu prendre du temps pour chercher, réfléchir, discerner, prier… et, il va de soi que cette attitude reste de mise. Mais aujourd’hui, je me réjouis vraiment de cette étape que nous franchissons ; même si j’ai bien conscience que tout n’est pas fait, et qu’il y en aura d’autres.

 

         Vous le savez bien, je suis venu envoyer en mission ce matin une EAP, une Équipe d’Animation Pastorale, avec en son sein, et avec un rôle particulier, un coordinateur. Selon la volonté de notre Évêque, et comme c’était déjà le cas avant, cette église a une vocation propre qui n’est pas paroissiale. Sa pastorale est autonome vis-à-vis de la paroisse Notre Dame de Bonne Nouvelle sur le territoire de laquelle elle se situe, même s’il faut veiller à une bonne entente et communication, qui d’ailleurs dépasse la paroisse et concerne au moins toute la ville. L’EAP, avec le coordinateur et le recteur qui en sont membres bien sûr, a comme première mission la définition d’un projet pastoral pour ce lieu. Celui-ci aura au moins 4 axes que je vous annonce, comme une feuille de route, mais qui n’est pas toute tracée :

St Sébastien doit demeurer un lieu d’accueil. Un accueil de tous, vécu dans une écoute généreuse. Qu’il soit pénitent, plein de questions, de révoltes ou de doutes, qu’il ait besoin de vider son sac ou de se confesser… celui qui franchit la porte de cette église doit toujours se sentir accueilli. La présence quotidienne de prêtres pour le sacrement du pardon est une richesse qui s’inscrit bien dans la volonté de notre Évêque de redonner sa place au sacrement de pénitence et de réconciliation.
Le deuxième axe concerne les liens avec la Belle Porte, qui est la maison de la diaconie voulue par Mgr Papin dans les locaux du 63 rue des Ponts, et dont le père Philippe Demestère est l’actuel responsable. J’ai bien conscience qu’il y a là un vaste chantier… il y a à signifier dans ce lieu, la place essentielle pour toute communauté chrétienne de la diaconie… il y a à signifier, jusque dans la liturgie, que les pauvres sont au centre d’une vie évangélique, d’une communauté de croyants. Il y aura régulièrement un membre de la Belle Porte qui travaillera avec l’EAP.
Le troisième aspect de la feuille de route concerne cet édifice et sa situation dans ce quartier et devant cette place Charles III restaurée. Un bon nombre de touristes peuvent passer. Il ne s’agit pas que de les accueillir, mais de leur proposer une initiation, un parcours qui allie art et spiritualité. Là encore, il y a à inventer.
Le denier aspect que je présente renverra à la lettre pastorale de notre Évêque l’an passé, comme à la préoccupation de l’Église, puisque c’est sa mission première. Je veux parler de l’Évangélisation. Un grand nombre de personnes passent devant cette église, souvent pour se rendre dans le temple de la consommation juste à côté. Qu’avons-nous à leur dire de la Bonne Nouvelle ? Que faisons-nous pour les rejoindre, pour leur faire connaître la joie de l’Évangile ?

 

Je m’arrête là… je crois que le programme est déjà bien volumineux. Je compte sur la bienveillance, la générosité de tous pour cela. L’EAP, le coordinateur et le recteur ne feront rien sans vous, sans votre soutien, sans votre disponibilité, sans votre prière. C’est dans une grande confiance que je souhaite vivre cette étape. D’abord confiance dans le Seigneur qui n’abandonne jamais son Église mais rassemble ses agneaux et les portent sur son cœur ; confiance dans les personnes que j’envoie en mission aujourd’hui ; et confiance en vous tous qui êtes attachés à ce lieu et à sa vocation particulière. Dans cette Eucharistie, je demande au Seigneur de vous combler de son Esprit afin qu’avec Lui et en Lui, vous fassiez ici toutes choses nouvelles. Amen.