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Nancy - Église Saint-Sébastien Nancy - Église Saint-Sébastien

Homélie du père JM Munier pour le mercredi des cendres 2017

« Frères, nous sommes les ambassadeurs du Christ et par nous, c’est Dieu lui-même qui, en fait vous adresse un appel ». Cette phrase reprise de la seconde lecture introduit très bien ce temps liturgique dans lequel nous entrons aujourd’hui. L’Eglise ambassadrice du Christ nous propose ce temps de grâce. Mais c’est bien Dieu qui nous l’offre et nous appelle à y entrer résolument. « Revenez à moi de tout votre cœur ». Parce que le Seigneur est tendre et miséricordieux, lent à la colère et plein d’amour, il nous donne chaque année cette période de quarante jours pour nous réajuster à Lui, nous réaligner sur notre baptême. L’antienne d’ouverture de cette messe nous livrait ce verset du Livre de la Sagesse : « Seigneur, tu aimes tout ce qui existe, et tu n’as de répulsions pour aucune de tes œuvres ». Le Carême se situe bien dans cette perspective d’un don que Dieu nous fait, car Il nous aime, car Il veut notre bonheur, car Il nous veut saints !

 

Dans son message annuel, le pape François nous redit que, je cite, « le Carême est un temps favorable pour nous renouveler dans la rencontre avec le Christ vivant dans sa Parole, dans ses Sacrements et dans le prochain ». C’est l’occasion ici de nous rappeler l’objectif de ce Carême. Nous risquons, bien souvent, de réduire le Carême à toute une série d’actes, fort bons et appréciables, mais qui coupé de leur objectif, perdent leur authentique saveur. Le but du Carême est bien retrouver, consolider, conforter notre amitié avec le Christ. A l’appel du Seigneur dans le livre de Joël à revenir à Lui, j’associe cette initiative divine présentée par le prophète Osée : « C’est pourquoi, mon épouse infidèle, je vais la séduire, je vais l’entraîner jusqu’au désert, et je lui parlerai cœur à cœur » (Os 2, 16). Il s’agit, comme nous l’entendions lundi dans le récit évangélique du jour, en St Marc, de laisser le Christ poser son regard sur nous et nous aimer. La première chose que nous avons à faire, c’est de nous laisser aimer ! C’est ça le Carême : nous laisser aimer par Jésus, nous laisser de nouveau séduire par Lui, nous laisser de nouveau conquérir par son amour !

 

L’Eglise nous propose très traditionnellement, par cet extrait évangélique que nous venons d’entendre, de vivre ce Carême avec trois moyens : l’aumône, la prière et le jeûne. Ils sont comme « les trois exercices quotidiens de l’athlète qui court pour la victoire pascale ». Et je vous invite à les vivre sous deux angles : d’abord être attentif à la discrétion requise, « dans le secret » dit Jésus, de ne pas en faire des lieux d’orgueil ; et ensuite de les vivre amoureusement. Si je prends l’exemple du jeûne, de l’ascèse, des privations diverses et variées : ils peuvent paraitre absurde parfois, mais si nous renonçons par amour, c’est-à-dire pour signifier que Jésus est notre Unique bien, que Jésus est notre seul et véritable ami fidèle, que Jésus est notre plus grand désir, que Jésus est l’authentique nourriture de notre existence… pour manifester concrètement, en actes et en vérité, combien nous l’aimons, ou voulons l’aimer. C’est exactement la même chose pour la prière, ce n’est pas un devoir, ou un exercice quotidien, mais il s’agit, comme le dit Ste Thérèse d’Avila d’un « échange intime d’amitié ». Et l’aumône aussi doit être marqué par un dépouillement amoureux pour le Christ, et un don à ceux que nous aimons parce qu’ils sont aussi sa présence au milieu de nous. Comme le dit l’Imitation de Jésus-Christ : « Cherchez Jésus en tout, et en tout vous trouverez Jésus ». Amen.