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Homélie du père JM Munier pour le dimanche des rameaux 2017

            Il n’y en a pas un pour rattraper l’autre… pas un seul… et c’est même de pire en pire ! Vous l’avez entendu comme moi : ça commence avec Judas, prêt à livrer son Maître, et le comble, c’est qu’il le fera en l’embrassant ; puis il y a Pierre et ses grandes déclarations de fidélité qui se finissent par un triple reniement ; il y a ensuite le fameux trio Pierre, Jacques et Jean, qui ont dû oublier la Transfiguration, et qui, à deux reprises, s’endorment alors qu’ils sont invités à veiller et prier, pendant que Jésus ressent tristesse et angoisse ; et finalement, comme un bouquet final, l’évangéliste St Matthieu déclare « les disciples l’abandonnèrent tous et s’enfuirent » ! Pas un pour rattraper l’autre. Et quand je pense que c’est Jésus qui les a lui-même choisis… cette bande de bras cassés. Y’a dû avoir erreur sur le casting ou bien des CV truqués ou un responsable ressource humaine incompétent !

            En même temps, quand je regarde ma vie, quand nous regardons notre propre vie, ce n’est pas beaucoup plus reluisant, c’est même parfois pire ! Et là encore, comme les disciples, Jésus nous a voulu, Jésus nous a choisis. Alors, comment ne pas nous décourager ou pire encore désespérer ? Comment penser que Jésus ne s’est pas trompé en nous appelant à le suivre ? Comment ne pas tout abandonner ? Je n’ai qu’un mot à vous donner en réponse : et il apparaît surtout en contemplant la Croix, en admirant ce don que Jésus fait de Lui-même. Ce mot, cette réponse, c’est la Miséricorde ! Elle est l’autre nom de notre Seigneur et Sauveur. Oui, Jésus a un cœur, un regard, une étreinte toute miséricordieuse. C’est bien pour cela que saint Jean-Paul II ne cessait de reprendre cet appel : « n’ayez pas peur ». Car nous ne pouvons craindre un Dieu qui nous aime tant jusqu’à vivre un tel dépouillement, jusqu’à mourir et à mourir sur une croix. A chaque fois que nos yeux se posent sur une Croix, nous pouvons nous dire : « je suis à ce point aimé ».

            Le Pape François, véritable chantre de la miséricorde divine, nous disait 4 jours après son élection: « Avez-vous pensé, vous, à la patience de Dieu, la patience qu’il a avec chacun de nous ? Telle est sa miséricorde. Il a toujours de la patience, de la patience avec nous, il nous comprend, nous attend, il ne se fatigue pas de nous pardonner si nous savons revenir à lui avec le cœur contrit ». Le Seigneur continue aujourd’hui dans son Eglise son œuvre de Miséricorde. Notre existence est à elle seule un fruit de cela. Mais en plus, nous avons la grâce d’expérimenter cet amour qui pardonne et relève, dans le sacrement de la confession.

Je vous invite à inscrire dans votre temps, et pourquoi pas dans votre agenda, la fréquentation régulière du sacrement du pardon. Laissez-vous réconcilier avec Dieu. Allez-vous plonger dans sa miséricorde qui tel un torrent qui déborde, emporte tout sur son passage. Ne résistez-pas encore et toujours. Foncez vers le Cœur de Dieu qui se dilate pour vous recevoir. Stoppons les fausses raisons, les fausses pudeurs, les faux arguments, la tiédeur et la paresse qui nous empêchent de recevoir cette Miséricorde, qui empêchent Dieu de nous dire son Amour, qui empêchent l’Esprit Saint de nous transfigurer, qui empêchent l’Eglise de nous relever, qui empêchent les anges de Dieu de se réjouir. Et quand vous connaîtrez cette joie dans votre vie, et vous en serez peut-être même accros, et vous deviendrez des missionnaires, des chantres de la Miséricorde.