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Nancy - Église Saint-Sébastien Nancy - Église Saint-Sébastien

Homélie du père JM Munier pour le dimanche 7 mai 2017

4ème dimanche de Pâques, année A

            « Je suis le bon Pasteur » (Jn 10, 14). Cette déclaration de Jésus, où il se révèle à nous-mêmes, est au cœur de ce dimanche, appelé bien justement, le dimanche du Bon Pasteur. Nous sommes invités, dans un premier temps, à contempler Jésus sous ce titre, et tout ce qu’il signifie, tout ce qu’il implique. Nous avons d’ailleurs dans cette église St Sébastien, en dessous de la Croix de l’abside, une représentation de Jésus Bon Pasteur. Cette expression est bien qu’un titre, elle est surtout une attitude. Au regard des textes de ce dimanche, cette figure de Jésus implique trois conséquences.

 

            Jésus Bon Pasteur, tout d’abord, connait ses brebis et ses brebis le connaissent. Cela nous a été dit dans le verset de l’alléluia, tiré de l’évangile de Jean, lequel précise : « Ses brebis à lui, il les appelle chacune par son nom ». Appeler par son nom, dans la Bible, c’est dire la propriété, le lien, comme Adam invité par le Créateur a donné son nom… ou bien Zacharie, celui de Jean-Baptiste. Remarquez d’ailleurs cette expression redondante : « ses brebis à lui ». Il y a bien plus qu’une connaissance des brebis chez le Bon Pasteur, mais une véritable intimité, une grande proximité… D’ailleurs Jésus ajoute, pour renforcer cela : « elles connaissent sa voix ». Nous voyons bien que la connaissance est mutuelle… comme dans une véritable et authentique amitié. Nous retrouvons tous ces aspects dans l’une des prières de Saint Claude La Colombière, qui commence par ses mots : « Jésus, tu es le seul et véritable Ami. Tu m’écoutes toujours avec bonté. Tu as le secret d’adoucir mes peines et de renouveler sans cesse mon espérance. Toi seul connais le fond de mon cœur ».

 

            Jésus Bon Pasteur, ensuite, est Celui qui sauve. Contrairement au bandit et aux voleurs qui veulent le mal des brebis, Lui veut le bien, Il donne le Salut ! « Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie, la vie en abondance ». D’ailleurs Saint Pierre, que ce soit dans les Actes des Apôtres, ou dans s première lettre, annonce ce Salut en Jésus. Dans son discours après la Pentecôte, appelant à la conversion, il déclare : « que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus Christ pour le pardon de ses péchés ». Dans sa première lettre, il écrit : « Lui-même a porté nos péchés, dans son corps, sur le bois, afin que, morts à nos péchés, nous vivions pour la justice. Par ses blessures, nous sommes guéris ». Le Bon Pasteur est justement bon parce qu’Il nous donne ce qu’il y a de plus bon pour nous : le pardon de nos péchés, et donc la vie éternelle ! Si cette église est devenue l’église de la Miséricorde, il est heureux que s’y trouve vénérer Jésus Bon Pasteur. Nous pouvons dire à tous ceux qui se confessent ici, la finale de la seconde lecture : « Car vous étiez errants comme des brebis ; mais à présent vous êtes retournés vers votre berger, le gardien de vos âmes ».

 

            Jésus Bon Pasteur, enfin, c’est Celui qui, comme l’évoque le psaume 22, fait reposer sur des près d’herbe fraîche, mène vers les eux tranquilles, conduit par le juste chemin. Mais c’est encore mieux que cela, puisqu’Il est Lui-même le Chemin… Il est Lui-même la Porte… Il s’agit bien plus que de Le suivre, il s’agit alors de passer par Lui. Notre personne, et toute notre vie doit donc se conformer à Lui pour pouvoir passer par Lui ; pour que notre existence unit à la sienne nous conduise à la Trinité, notre patrie définitive et bienheureuse.

 

            Ce dimanche du Bon Pasteur est aussi la Journée mondiale de prière pour les Vocations sacerdotales, religieuses et apostoliques. Le Christ Jésus a voulu poursuivre sa mission de Bon Pasteur parmi nous par le ministère des Evêques, et de leurs collaborateurs, les prêtres. Par eux, en eux, c’est Jésus qui enseigne, soigne, nourrit, pardonne… et en définitive se donne ! « Jésus-Christ éprouve sans cesse de la compassion pour les foules et pour tout homme fatigué et épuisé, comme des brebis sans pasteur » (St Jean-Paul II). Chaque prêtre doit toujours plus s’unir au Bon Pasteur, enfouir sa vie en Lui, pour en être son reflet vivant, sa présence miséricordieuse. La vocation de chaque prêtre est, comme l’évoquait St Jean-Paul II, un don et un mystère… nul d’entre eux ne peut rendre compte humainement de cet appel. Personnellement, je me pose toujours la même question : « pourquoi moi ? ». Et je n’ai aucune réponse, si ce n’est l’amour gratuit, infini et immérité du Seigneur. N’oublions pas, en cette période difficile pour les vocations particulières, la seule consigne laissée par Jésus : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson » (Mt 9, 37-38). Alors, chers amis, je ne peux que vous inviter à prendre un temps significatif de prière au cours de ce dimanche, pour invoquer le Bon Pasteur, et Le supplier de donner à son Eglise, et tout particulièrement à notre diocèse, de nombreuses et saintes vocations sacerdotales. Amen.