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Saint-Martin de Longwy
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Conte de villageois d’autrefois : La grande lessive

Mère Aline, agenouillée dans sa caisse au lavoir communal : Bonjour Monsieur le curé.

Père Stéphane : Bonjour, bonjour. Alors, on lave le linge ?

Mère Aline : Eh oui. Mais vous le savez bien, car à cette époque, on fait quasiment le même métier ?

Père Stéphane, stupéfait : Comment cela ?

Mère Aline : Est-ce que, pendant cette période de Carême, je ne trempe pas les habits dans l’eau de lessive alors que vous, vous plongez les cœurs dans l’humilité ? Et puis je lave la saleté des torchons tout comme vous qui détachez les fautes des consciences. Je brosse les taches des serviettes et vous, les péchés véniels ou graves. Je frotte avec vigueur les impuretés des caleçons tandis que vous essorez rudement les vices. Je tords les draps et vous savonnez les esprits. Je rince les chemises et vous blanchissez les âmes. Et si je sèche au soleil les diverses pièces, ne faites-vous pas la même chose dans l’ombre de votre église ?

Père Stéphane, étonné : Ah oui, c’est vrai.

Mère Aline : D’ailleurs ma caisse à laver n’est-elle pas un peu comme votre confessionnal ? N’y a-t-il pas une certaine ressemblance entre mon battoir et votre goupillon ? Mes couleurs sont parfois déteintes dans le bac à lessive de même que sont décolorés les visages lors des pénitences sur les prie-Dieu.

Père Stéphane, pensif : Confession de Carême et décrassage du trousseau se ressemblent. Je n’y avais jamais songé.

Mère Aline : C’est d’autant plus vrai que vous devez sûrement connaître les surnoms des trois journées de grande lessive. Le premier jour avec le triage du linge et son trempage durant toute une nuit, c’est le « Purgatoire » ; la seconde journée, c’est « l’Enfer », puisque le coulage a lieu avec l’eau chaude et toutes les vapeurs qui s’en dégagent ; quant à la troisième, c’est le « Paradis » avec le rinçage et le séchage où le linge retrouve sa pureté originelle.

Père Stéphane, reprenant son chemin : Merci, merci beaucoup.

 

Jean-Marie