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A la découverte de l’église Sainte-Agathe de Longuyon

Avant de parler de l’église Sainte-Agathe, il faut savoir qu’il existait un monastère situé vers le cimetière allemand et géré par des moines de l’ordre de Saint-Benoît. Adalgysélus, riche intendant du palais de Dagobert Ier à Metz, possédait de nombreux domaines à Longuyon et aux alentours. Il offrit toute sa fortune en 634 afin que les moines accueillent les voyageurs étrangers et aident les pauvres. Au milieu du cloître de ce monastère, existait déjà une chapelle dédiée à sainte Agathe. En 973, des chanoines remplacent les moines.

C'est donc au commencement du XIe siècle qu’aurait été construite une partie de l’église actuelle. Le cimetière entourait l’édifice, tous deux ceints par une épaisse muraille avec un lourd beffroi carré daté du VIIIe au Xe siècles. Des sarcophages y furent découverts.

En 1124, l’église fut confiée à six chanoines et un doyen, formant ainsi une collégiale. En 1270, la longueur de la nef centrale a été doublée et adossée au beffroi. Deux nefs collatérales y furent ajoutées. Le moine Rémy de Longuyon, abbé d’Orval (de 1191 à 1197), joua certainement le rôle de conseil dans la construction de la collégiale, dont on souligne quelques similitudes avec l’abbaye d’Orval. En 1570, l’archevêque de Trèves, dont dépendait jusqu’en 1789 l’église Sainte-Agathe, constata l’état de délabrement dû au temps. Il ordonna aux chanoines la réparation de la nef, au curé celle du choeur et aux bourgeois de Longuyon, celle du beffroi ainsi que des murs du cimetière.

Le 11 juillet 1790, la collégiale de Longuyon fut supprimée, les chanoines congédiés et le curé d’Huart mis en place. On peut lire sur le tympan de l’église une inscription peinte par la municipalité lors de la Révolution : « La République française reconnaît l’existence de l’Être Suprème et l’immortalité de l’Âme. »

 

 

Renaissance

L’histoire continue. Le temps fait son oeuvre et ses ravages : écartement dangereux des voûtes qui s’écroulent, ruissellement sur les murs, toitures très endommagées… Dans les années 80, de par mes fonctions de chef de chœur et de responsable liturgique, j’ai pu constater la vétusté du bâtiment historique. Par respect des bâtisseurs et par foi religieuse, je m’inquiète auprès du père François Collin, alors curé de Longuyon, pour évaluer la situation et trouver des solutions. Il proposa de créer une association pour aider la commune à réaliser des travaux trop lourds pour elle.

C’est donc en 1982 qu’est née l’Asesa (Association de sauvegarde de l’église Sainte-Agathe). Celle-ci s’avéra une véritable aventure humaine impliquant des croyants et des non-croyants, tous animés d’une volonté farouche, apportant le meilleur d’eux-mêmes par leur travail assidu et physique. Des manifestations culturelles et populaires ont été organisées pour assurer notre engagement financier pris auprès de la mairie, à hauteur de 10 % du montant total des travaux. Il a fallu une grande détermination entre mairie, association, paroisse, architectes, direction régionale des affaires culturelles (Drac) et tous les corps de métiers pour une telle réalisation. Ce fut un pari fou, car on pensait à une simple restauration. Mais grâce aux architectes et aux artisans, l’église primitive a retrouvé sa beauté.

Nous sommes en travaux depuis plus de trente-cinq ans et l’association a encore de nombreux projets. Malheureusement, beaucoup de bénévoles nous ont quittés mais leurs noms seront toujours gravés dans les pierres de Sainte-Agathe et leur souvenir dans notre cœur.

Lorsqu’on entre dans cette église, on ressent une certaine paix, la communion divine se fait sentir.

Si les murs pouvaient parler…

 

Marie-Thérèse MATHIOT,
PRESIDENTE DE L’ASESA

 

Ouverture de l'édifice sur demande
Office de tourisme de Longuyon
Tél. 03 82 39 21 21
office.de.tourisme.longuyon@wanadoo.fr

 

ou auprès de Marie-Thérèse Mathiot
Tél. 03 82 26 54 75
mt.mathiot@gmail.com

 

Martyre de sainte Agathe, frère Abraham d’Orval de Florenville, XVIIIe siècle, peinture sur toile.

Née au IIIe siècle en Sicile dans une noble famille, Agathe était d’une grande beauté et honorait Dieu avec ferveur. Quintien, consul de Sicile mais homme de basse extraction, souhaitait par-dessus tout l’épouser afin de gagner en respect et aussi jouir de sa beauté et de sa fortune. En vain. Ici, Quintien assiste au martyre de sainte Agathe qu’il avait ordonné. Des bourreaux arrachent les seins de la jeune femme.