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Homélie

Homélie à la messe de Briey 23/11/14 par Jean-Michaël Munier, Vicaire Général.

Christ Roi

 
Frères et sœurs, si nous étions logiques, nous pourrions penser que nous célébrons en ce jour le 34ème dimanche du temps ordinaire. Or vous le savez bien, il n’en est rien, puisque l’Eglise nous donne la joie de célébrer la solennité du Christ, Roi de l’univers. C’est aussi le dernier dimanche de l’année liturgique, avant d’entrer, dès dimanche prochain, par le 1er dimanche de l’Avent, dans une nouvelle année liturgique. Je voudrais ce matin, avec vous, pointer du doigt trois aspects de cette fête.
 
Je m’arrête d’abord sur la fin de l’année liturgique. Il ne s’agit pas que d’un simple évènement temporaire. La liturgie de l’Eglise nous donne de vivre à la fois du côté de l’humain et du côté du divin. Car la liturgie est certes mise en œuvre par nous-mêmes, en utilisant des signes humains, et suscitant l’ensemble de nos sens, et en même temps, la liturgie marque l’insertion du divin dans notre existence. La liturgie, et particulièrement la liturgie sacramentelle, donne à Dieu de nous rejoindre, de nous atteindre, et par là-même de nous transformer. Dans la liturgie, nous célébrons le culte qui revient à Dieu ; mais nous Lui offrons aussi notre existence. L’acteur premier de la liturgie ce n’est pas moi, ce n’est pas vous, ce n’est pas nous, c’est Dieu ! L’essentiel de la liturgie n’est donc pas visible mais invisible. En fait les signes visibles renvoient à l’action invisible, mais bien réelle et efficace, de la Trinité. L’année liturgique part du Christ pour aller au Christ : de Noël, naissance du Christ, nous allons jusqu’au Christ, Roi de l’Univers, avec au centre, bien sûr, la fête pascale. D’ailleurs, je me permets de rappeler ce que vous connaissez, quand nous venons à la messe, ce n’est pas parce que ça nous plaît, parce que nous n’avons rien à faire… mais c’est parce que le Christ nous y invite, nous y convoque, nous y rassemble. Nous avons donc à soigner nos liturgies, à y entrer humblement tel que l’Eglise nous la donne, et à nous laisser faire. Et je ne peux que me réjouir que sur votre paroisse se développe un groupe important de servants d’autel. Ils ne sont pas là pour occuper l’espace, mais pour vivre un véritable service qui nous rappelle notre vocation à tous de vivre le service : service de Dieu d’abord, service du frère ensuite. Leur présence ne peut que rehausser vos célébrations, les rendant belles et solennelles, afin que tous soient toujours plus saisis par le mystère qui se célèbre.
 
J’en arrive à mon deuxième point. Tous les jours, lorsque nous prions, nous invoquons le règne de Dieu. En effet, dans le Notre Père, nous disons : « que ton règne vienne ». Finalement, qu’est-ce cela signifie ? Quand les pharisiens demandent à Jésus quand doit venir le règne de Dieu, il leur fera cette déclaration : « En effet, voici que le règne de Dieu est au milieu de vous » (Lc 17, 21), ce qui signifie en vous et parmi vous. Nous pourrions donc dire en priant : que ton règne vienne… en moi ! Par-là, nous souhaitons fermement que le Christ règne en nous, que le Christ règne en notre vie, que le Christ règne sur notre existence. Dans la seconde lecture de ce jour, nous avons bien entendu cette expression « ceux qui seront au Christ ». En est-il ainsi de vous, frères et sœurs ? Quelle place a le Christ dans votre vie ? Est-il le premier servi ? « Le fait d’être chrétien n’est pas un petit plus qui vient s’ajouter à la vie comme une cerise sur le gâteau. Etre chrétien n’ajoute pas quelque chose à côté du reste ; mais c’est toute la vie humaine, dans ses composantes les plus terrestres, qui devient imprégnée de la grâce de Dieu et orientée vers le bonheur éternel » (Avant le mariage, Père Louis, Ed. Artège). Une vie chrétienne est donc une vie centrée sur le Christ, une vie où comme St Paul, nous disons : « Oui, je considère tout cela comme une perte à cause de ce bien qui dépasse tout : la connaissance du Christ Jésus, mon Seigneur. À cause de lui, j’ai tout perdu ; je considère tout comme des ordures, afin de gagner un seul avantage, le Christ » (Ph 3, 8). Le Christ nous dit donc à tous, comme il a dit à Zachée – et nous entendions ce récit mardi dernier - : « aujourd’hui, il faut que j’aille demeurer chez toi ».
 
Permettez-moi de passer au troisième et dernier point. Le Royaume de Dieu que le Christ a tant annoncé, et qu’il a inauguré en sa personne ; le Royaume dont le Christ est le Roi ; est un royaume d’amour. Et doublement. C’est un royaume d’amour parce que celui qui en est le Roi, le Christ, a cette attitude fondamentale à l’égard de tous les sujets de son royaume. Le Christ Roi vit sa royauté sous les traits du berger que nous avons découvert en première lecture et dans le psaume. Ce berger-là est occupé sans cesse du soin de son troupeau : il veille, il délivre, il fait paître, il fait reposer, il cherche les perdues, il ramène les égarées, il soigne, il redonne des forces, … Ce berger-là, il faut le dire, aime son troupeau. C’est pourquoi le psalmiste peut alors s’écrier en vérité : le Seigneur est mon berger, je ne manque de rien. Mais ce royaume est un royaume d’amour parce que ses membres sont tous animés par l’amour, cela est même la condition pour y entrer, comme nous le découvrons dans la parabole que Jésus nous donne aujourd’hui. En définitive dans le royaume dont le Christ est le Roi, nous devons vivre comme Lui, notre Roi, et Lui a aimés. Il a aimé de cette manière qu’il a lui-même définie : « il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime » (Jn 15, 13). Et cet évangile a le mérite de bien nous enseigner ce qu’est précisément l’amour chrétien que nous appelons charité. La charité est l’amour qui agit, l’amour en acte. Nous la confondons souvent avec le sentiment, mais en quelque sorte la charité se moque du sentiment, elle agit indépendamment du sentiment. Jésus, dans cette parabole du jugement dernier ne nous demande pas d’être ému, touché, ou d’éprouver un quelconque sentiment, mais il nous demande de donner à manger et à boire, d’accueillir, de vêtir, de visiter.
 
Dans la prière d’ouverture, j’ai commencé par ces mots : « Dieu éternel, tu as voulu fonder toutes choses en ton Fils bien-aimé, le Roi de l’univers ». Cela est valable pour tous, mais j’invite particulièrement les personnes auxquelles je vais remettre aujourd’hui une lettre de mission soit pour diriger les obsèques, soit pour être membre de l’EAP, ainsi que tous ceux qui assurent un service ou une mission au cœur de cette paroisse du Christ aux liens, je vous invite tous à fonder votre mission, et même votre vie, en Jésus Christ, le Roi de l’Univers. Ce n’est qu’ainsi que votre mission peut porter du fruit, car en dehors de Lui, nous ne pouvons rien faire.
 
J’ajoute un dernier mot avant l’ouverture de l’année de la vie consacrée, dimanche prochain, je souhaite qu’elle soit aussi l’occasion d’un renouvellement pour les vocations. J’invite donc tous les jeunes ici présents : enfants, adolescents, jeunes adultes : demandez-vous si le Seigneur ne vous appelle pas à Lui consacrer toute votre vie. Dites-Lui : "Seigneur que veux-tu pour moi, je veux faire ta volonté ! " Amen.
 

Jean-Michaël Munier