Diocèse de Nancy - Catholiques en Meurthe-et-Moselle

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La formation du prêtre diocésain

La Paroisse du Bon Pasteur a convié le Vicaire général de Nancy et de Toul à célébrer les messes des 21 et 22 janvier 2017, afin notamment de présenter la formation des prêtres diocésains au cours de l’homélie.
La formation du prêtre diocésain en quelques mots

Le Père Jean-Michaël MUNIER a explicité en trois parties ce qu’est cette formation.
 
Il s’agit d’abord d’une vision intégrale et progressive qui revêt quatre dimensions :

  • intellectuelle
  • humaine
  • spirituelle
  • pastorale 

C’est aussi une formation de sept années au séminaire, qui se divise en quatre étapes :

  • l’année propédeutique (temps d’affermissement et de discernement)
  • un premier cycle de deux ans, appelé cycle de philosophie et également temps de formation du disciple
  • un second cycle de trois ans, le cycle de théologie, aujourd’hui dénommé cycle de configuration au Christ
  • l’étape pastorale, qui dure un an et se conclut par l’ordination

Enfin, il nous a livré sa vision personnelle, ce qui est pour lui fondamental :

  • le primat de la grâce
  • l’intelligence de la Foi
  • l’amour authentique de l’Eglise
  • la charité pastorale

En conclusion, il a insisté sur le fait que chacun a sa place, d’une part en participant aux quêtes pour les séminaires, mais d’autre part et surtout en priant inlassablement. En effet, les prêtres ne sont pas un dû, mais un don. Et les jeunes doivent être prêts à entendre l’appel.

Les cérémonies se sont terminées par une prière pour les vocations.

L'intégralité de l'homélie de Père Jean-Michaël MUNIER

Frères et sœurs, chers amis, dans le cadre de l’Année de l’Eglise Diocésaine voulue par notre Evêque, et que nous vivons avec beaucoup de joie, votre paroisse prie particulièrement pour les vocations, et réfléchit à la figure du prêtre diocésain. Il m’a été demandé de vous entretenir ce matin sur la formation des prêtres diocésains. Permettez-moi de commencer par une citation d’un récent document romain sur la formation des prêtres, c’est même sa toute première phrase : « le don de la vocation au presbytérat, déposé par Dieu dans le cœur de certains hommes, engage l’Eglise à leur proposer un parcours de qualité pour leur formation ». A ce propos, le Pape François compare cette vocation à un diamant brut qu’il faut tailler avec soin et patience afin qu’il brille au milieu du Peuple de Dieu. Et Saint Jean-Paul II disait que l’Evêque devait veiller sur le séminaire comme sur la prunelle de ses yeux. Pour évoquer avec vous cette formation des prêtres diocésains, mon propos tiendra en 3 parties.

Je souhaite tout d’abord vous dire que la formation des futurs prêtres a une vision intégrale et progressive qui comporte quatre dimensions : humaine, intellectuelle, spirituelle et pastorale. Chacune ayant une égale importance. Elles composent et structurent ensemble l’identité du séminariste, et du prêtre, et le rendent capable du don de soi au Christ et à l’Eglise. Il est important dans cette formation initiale, comme dans la formation permanente ensuite, de bien tenir ces quatre dimensions, qui se complètent l’une l’autre.

Le deuxième élément que j’apporte correspond aux quatre étapes de cette formation au séminaire, qui s’étale sur au moins 7 ans. Il y a tout d’abord, et cela devient maintenant obligatoire, une année dite propédeutique, qui est à la fois un premier temps de formation, de maturation, mais aussi et surtout un temps de discernement de sa vocation, de l’appel reçu du Seigneur. Ensuite, il y a le 1er cycle, de deux années plus un éventuel stage, qu’on dénomme classiquement le cycle de philosophie, et que l’Eglise appelle maintenant « la formation du disciple ». Il s’agit de vivre toujours plus une relation étroite avec Jésus, d’être avec le Christ qui transforme l’existence et rend témoin de son Amour dans le monde. Puis, il y a le second cycle, dit de théologie, 3 ans, et appelé désormais « cycle de configuration au Christ ». Il s’agit de préparer le candidat au sacerdoce à vivre cette configuration que donnera l’ordination, une configuration au Christ Tête, Pasteur, Serviteur et Epoux de l’Eglise. Enfin la dernière étape est plus pastorale, avec notamment l’ordination diaconale, mais aussi une insertion progressive dans la vie pastorale, notamment paroissiale.

Dans ma dernière partie, je souhaite vous donner quelques éléments qui me semblent fondamentaux pour cette formation, et j’en retiens, là aussi, 4 :

  • Le primat de la grâce : il n’y a pas de formation possible qui se baserait uniquement et premièrement sur des moyens humains fussent-ils géniaux. Le 1er formateur, c’est l’Esprit Saint. L’un de mes supérieurs de séminaire disait : « la théologie se fait à genoux ». C’est dans la relation étroite, intime et amicale avec le Christ que tout le reste va trouver son sens. Comme le disait le bienheureux Antoine Chevrier : « seule la connaissance de Jésus Christ fait les prêtres ». Cette connaissance n’est pas d’abord intellectuelle, mais existentielle. Ce que disait Bernanos pour tous est encore plus valable pour les prêtres : « l’Eglise n’a pas besoin de réformateurs, mais de saints ». Les sacrements, la liturgie des Heures et l’oraison doivent devenir le quotidien de la vie du prêtre, et cela s’enracine dès le séminaire !
  • L’intelligence de la Foi : oui, notre Foi est intelligible ; le donné de la Foi est cohérent. Dans notre société déchristianisée, il nous faut toujours plus être capable de rendre compte de notre Foi, de savoir défendre et argumenter. Même si la raison est subordonnée à la Foi, celle-ci peut tout de même présenter et expliciter l'intelligence de la Révélation et le contenu de la foi. Ce n’est ni idiot, ni naïf de croire.
  • L’amour authentique de l’Eglise : cet attachement inconditionnel à l’Eglise se manifeste dans deux directions. Il y a tout d’abord l’adhésion de l’intelligence, de la volonté et du cœur au Magistère de l’Eglise. Le prêtre n’est pas un gourou qui s’adresse à ses adeptes. Il est l’intendant des mystères de Dieu, le serviteur de la vie de la grâce dans les fidèles laïcs du Christ. Il ne peut donc ni annoncer sa propre parole, ni enseigner sa vision personnelle. Il doit garder le souci d’être en fidélité au Magistère, et cela se vit dès le séminaire. L’autre aspect de l’amour de l’Eglise, surtout pour un prêtre diocésain, c’est que le don de soi à l’Eglise et la volonté de la servir se manifeste envers une Eglise particulière qui est son diocèse. Si le prêtre est signe du Christ époux de l’Eglise, cette épouse est alors son diocèse. 
  • La charité pastorale : nul prêtre ne l’est pour lui-même mais en vue d’une mission, et donc d’un peuple dont il devient le pasteur. Saint Jean-Paul II présentait Jésus Bon Pasteur en disant que « sa vie est une manifestation ininterrompue, et même une réalisation quotidienne de sa "charité pastorale" : il éprouve de la compassion pour les foules parce qu'elles sont fatiguées et épuisées, comme des brebis sans pasteur (cf. Mt 9,35-36) ; il cherche celles qui sont perdues et dispersées (cf. Mt 18,12-14) , et il éclate de joie quand il les a retrouvées; il les rassemble et les défend; il les connaît et les appelle une à une (cf. Jn 10,3) ; il les conduit sur des prés d'herbe fraîche et vers des eaux tranquilles (cf. Ps 23) ; pour elles, il prépare la table, les nourrissant de sa propre vie » (PDV 22). Le prêtre doit donc participer à cette charité pastorale de Jésus. Je cite encore Jean-Paul II : « il est appelé, dans sa vie spirituelle, à revivre l'amour du Christ époux envers l'Eglise épouse ». C’est même là, dans cette attitude, se laissant mouvoir par l’Esprit Saint pour mieux se donner, que sa sanctification se réalise, que se trouve le point d’unité de tout son ministère… Il s’agit, comme Jésus, d’aimer les siens jusqu’au bout ! Le prêtre soit avoir comme son cœur greffé sur Celui de Jésus, afin d’aimer ceux qui lui sont confiés avec l’amour même dont Jésus les aime. On demande beaucoup au prêtre : même s’il doit être un bon liturge, un bon prédicateur, un bon organisateur… l’essentiel est qu’il soit un Bon Pasteur à l’image de Jésus !

Au moment de conclure, j’ai bien conscience que d’une part, il y aurait tant d’autres choses à dire, et que, d’autre part, il y a un écart inévitable entre l’idéal de la formation et ce qui se vit concrètement dans les séminaires. Cependant, je voudrais vous dire que vous avez votre place dans la formation des séminaristes et des prêtres : tout d’abord en priant pour eux ; en leur dégageant du temps pour la prière (et le repos) ; en leur permettant d’être authentiquement prêtre pour vous : en leur réclamant le Christ. Amen.