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Saint-Jean-Marie Vianney Saint-Jean-Marie Vianney

Historique et descriptif de l'église St- Livier de SAINT-MAX

 L’EGLISE  SAINT-LIVIER

texte et photos (sauf anciennes) de Bernard BAUDOIN

Jusqu'au XIXème siècle, Saint-Max était un tout petit village. Il comptait 200 habitants en 1790 mais sa pro­gression allait être exponentielle : 392 en 1856, 908 en 1876, 1427 en 1881 après l'afflux des Alsaciens-Lorrains, 1797 en 1886 .

 

CONSTRUIRE UNE GRANDE EGLISE AU NOUVEAU CENTRE-VILLE

 

Dès son arrivée à SAINT-MEDARD en 1881, et devant l'exiguïté de son église, qui a pourtant déjà été agrandie à plusieurs reprises, l'abbé REMY n'a qu'une idée:  construire un lieu de culte plus vaste et plus cen­tré. C'est donc sur sa proposition que le Conseil paroissial décide de demander l'au­torisation nécessaire à sa construction. Monsieur CHARTON est alors le maire.

 Le 8 novembre 1882, le Conseil Municipal accède à cette demande. Le décret de Jules GREVY, Président de la République, autorisant l'édification de l'église, sera signé, lui, le 21 mars 1885.                                                                              

Au terme d'un acte écrit de sa main même, le 3 août 1883, l’abbé TROUILLET, Curé de SAINT-EPVRE de NANCY et responsable diocésain de la construction de nouvelles églises, s'en­gage à "donner à la commune de SAINT-MAX un terrain situé sur la nationale 74 de la contenance de 30 ares, 6 centiares, à la condition d'y construire une église sous le vocable de SAINT- LIVIER".

Le prix de ce terrain était de 12 500 francs. Pour donner une idée de ce que représentait cette somme ainsi que ce qui sera dépensé par la suite, nous dirons que le prix du pain en 1900 était de 0,38 F.  le kilo.                                                                    

La première pierre fut posée en grande pompe le 11 décembre 1883 par Monseigneur TURINAZ,  évêque de Nancy, sous la présidence de Monseigneur FOULON, archevêque de Besançon,  son prédécesseur à Nancy, en présence des évêques de VERDUN,  CHÂLON-SUR-MARNE, BÂLE, de deux abbés et de l’abbé TROUILLET.

L'abbé REMY, curé de la paroisse, Monsieur CUNY, l'architecte, le maire et tous les curés des villages voisins, étaient également présents.

Une procession grandiose se déroula de­puis le pont, jusqu'à l'église sous les drapeaux et les guirlandes qui décoraient la rue. Le nombre des assistants fut évalué à 4000 dont plus de 100 ecclésiastiques. Cependant il allait falloir attendre plus de vingt années pour voir enfin l'ouverture au culte de cette église.

 

ABANDON PROVISOIRE DE LA CONSTRUCTION

"Qu'ils furent tristes les jours d'attente ! Dans l'enceinte du temple, et jusque sur les murs, se jouaient les herbes folles ; oiseaux et in­fectes habitaient seuls la maison du peuple et de Dieu. Pauvre église, elle avait vieilli avant de vivre, vécu avant d'exister." (La Semaine Religieuse,  20 juin 1904.)

En effet, dès 1885, la mort de l’abbé TROUILLET va arrêter les travaux car c'est à son nom que l'église est bâtie.  L'architecte, Monsieur CUNY, estime que 200 000 francs ont déjà été dépensés et qu'il en faudrait encore autant pour terminer l'ouvrage.

En attendant, l'emplacement de l'église sert de salle des fêtes. Chaque année, après avoir installé un immense vélum et décoré les murs de belles guirlandes de feuilles d'asperge et de sapin, on y distribue solennellement les prix aux enfants des écoles.

L’abbé VINOT, nouveau curé de Saint-Max,  à son arri­vée en 1891, fait ériger une chapelle en bois qui sera bénite le 5 mai 1892, au cours d'une messe célébrée sur un autel provisoire installé à la place du chœur actuel.

Entre-temps, une autre cérémonie très solennelle a eu lieu le 25 août 1891: la bénédiction de la statue de SAINT-LIVIER.

 

UNE EGLISE TOUJOURS INACHEVEE

      Cependant, c’est à son arrivée en 1898, que l'abbé GEORGE, décide de reprendre l’œuvre abandonnée depuis 13 ans.  Il estime que 80 000 francs seront suffisants. Le Conseil de fabri­que (paroissial) s'inscrit pour 60 000 francs, 20 000 francs restent à la charge de la municipalité et de l’état.

Afin d'être en mesure de demander cette subvention au ministre des cultes,  le Préfet,  le 26 mars 1902, décide que SAINT-LIVIER sera paroisse "suc­cursale" tandis que SAINT-MEDARD deviendra chapelle de secours.

Le ministre fait alors modifier les plans : suppres­sion du perron d'entrée, modification des voûtes, allége­ment des murs, l'église s'arrêtant au transept, etc., ce qui permet de réaliser une économie de 10 000 francs sur le devis primitif. Le 7 septembre 1902,  l'état accor­de une subvention de 8 000 francs,  la municipalité y ajou­te  1500 francs.

Dès lors, souscriptions, quêtes, kermesses vont se suc­céder. L'évêque autorise la vente des "Cartes de Saint-Li­vier" dans les paroisses environnantes à l'exception de la ville de Nancy déjà sollicitée par la construction de l'é­glise SAINT-JOSEPH qui s'achève.

Le Chanoine GEORGE va enfin pouvoir mener ron­dement les affaires et le 19 juin 1904, Monseigneur TURINAZ pourra bénir solennellement la nouvelle église SAINT-LIVIER.

Cette fois,  il n'y aura pas de cortège comme lors de la bénédiction de la première pierre ou celle de la statue de SAINT-LIVIER.

En effet, nous sommes en 1904 et avec les lois de sé­paration des Eglises et de l'Etat, une telle manifestation n'aurait pas été possible.

Telle est donc, brièvement rapportée, l’œuvre de ces curés bâtisseurs. Plus de 20 années avaient été nécessaires pour vaincre  tous les obstacles qui se dressèrent devant eux.

 

A   LA   DECOUVERTE DE  L’EGLISE

Elle était enfin livrée au culte sans clocher, avec ses piliers bruts.  C'était une bâtisse presque nue qui accueillait alors les fidèles.  Seuls les anges au sommet des piliers du chœur avaient été sculptés.

De chaque côté, une statue de la VIERGE et une autre de SAINT-JOSEPH, attendaient les autels néo-gothiques qui viendront plus tard dans les absides latérales. Le tout sortait des ateliers HUEL, sculpteur nancéien en vogue à cette époque.

Le maître-autel lui aussi néo-gothique, avait été donné à la paroisse par Monseigneur TURINAZ.

Il provenait de la chapelle des religieuses du Sacré-Cœur.

Il restait donc beaucoup à faire. Aussi, pendant les années qui suivirent, d'autres curés allaient s'employer à lui donner l'aspect que nous lui connaissons.

Mais entrons maintenant dans l’église

L’édifice, de style gothique primitif, a un chevet plat percé de 3 fenêtres à lancette, inspiré du style cistercien, pour une hauteur de 16 m 20 et une largeur de 13 m. Mais la largeur totale est de 18 m avec ses chapelles latérales hautes de 8 m.

Le vaisseau s'étend sur une longueur de 48 m 50, 30 pour la nef, 11,50 pour le transept et 7 m pour le chœur.

De chaque côté de l’entrée, se trouvent deux chapelles renfermant l’une un autel composite avec un bas relief néo-roman, l’autre un bel autel, « art déco », surmonté d’une statue et d’un vitrail en triptyque reprenant le même thème.

Celle de gauche est dédiée à SAINTE-THERESE. Elle renfermait à l’origine les fonts baptismaux, malheureusement déplacés en 1982 à droite du maître-autel contre toute règle liturgique puisque le futur baptisé est d’abord accueilli à l’entrée de l’église avant d’accéder au chœur.

En face, à droite, la chapelle évoque au contraire, la mort avec un autel de récupération, de même facture que ceux des transepts. La statue due au sculpteur nancéien Victor HUEL est une copie de la PIETA de Ligier RICHIER, de l’église SAINT-MARTIN d’ETAIN( on trouve la même dans la chapelle de Franchepré). Les vitraux, eux aussi de JANIN, évoque la mort du CHRIST.

 

On trouve également dans cette chapelle les plaques de marbre, apposées en hommage l’une au chanoine CROISE et l’autre à l’abbé LAURENT.

Au sol on peut voir la dalle funéraire de l’abbé GEORGE, avec l’épitaphe en latin que l’on peut traduire ainsi

« Ici, repose, dans l’espérance d’une heureuse résurrection, Charles, Aimé, GEORGE, curé de SAINT-MEDARD et chanoine honoraire, qui durant un bon bout de temps, a consacré tous ses soins à l’achèvement de cette église (SAINT-LIVIER) et à

 son affectation au culte (1904). Pasteur plein de bonté pour son troupeau, aimé de Dieu et des hommes, décédé le 3 mars 1919, né en 1966, devenu invisible aux yeux (des hommes) mais non à leur cœur, qu’il repose dans la  paix du CHRIST !

 

 

LES CHAPITEAUX ET LES VITRAUX

Le porche franchi, nous sommes accueillis par SAINT-FRANCOIS-D’ASSISE sur le chapiteau de gauche et SAINT-ANTOINE-DE-PADOUE sur celui de droite, tandis qu'aux mêmes piliers, SAINT-PIERRE et SAINT-PAUL regardent vers l'intérieur de l’église. Nous remarquons qu’en dessous des sculptures, comme au bas des vitraux, est inscrit le nom des donateurs.

Puis,  encadrant les chapelles de SAINTE- THERESE- DE- L’ENFANT- JESUS à gauche et de NOTRE- DAME- DE- PITIE à droite, voici les quatre évangélistes représentés avec leur attribut :  MATTHIEU et un homme, LUC et un bœuf, MARC et le lion et JEAN et l’aigle. Dès l’entrée, ils nous incitent à la méditation de la Parole de Dieu. Deux saintes martyres sur les chapiteaux qui se font face nous invitent ensuite à pénétrer dans la nef : SAINTE-CATHERINE à droite et SAINTE-CECILE à gauche.

       En remontant la nef, à notre droite, les chapiteaux représentant SAINT-MARTIN et SAINT- LIVIER, encadrent le vitrail de SAINT-LOUIS portant dans ses mains la couronne d’épine. A noter que ce vitrail pourtant signé JANIN, n’a pas le même style que les autres.

On admirera au passage, la statue polychrome de SAINT-LIVIER, représenté en légionnaire romain. Elle fut exécutée par les ateliers PIERRON de Nancy en 1891 et pèse 350 kg.

SAINT-NICOLAS et SAINT-PIERRE- FOURRIER ornent la cha­pelle du SACRE- COEUR dont le vitrail nous montre l'appa­rition à SAINTE- MARIE- MARGUERITE- ALACOQUE.

Ce sont ensuite de chaque côté de la porte latérale, les chapiteaux de SAINT-VINCENT, patron des vignerons nombreux sur les coteaux environnants jusqu’à l’invasion du phylloxera et de JEANNE- D’ARC présente également sur le vitrail. On retrouve encore cette dernière même si elle n’est pas encore canonisée, dans une statue sur la balustrade de la tribune. Oeuvre de Monsieur HUEL, elle fut offerte par 80 jeunes filles qui se cotisèrent pour recueillir les 350 francs nécessaires. C'était en 1910.

Une place d'honneur a été réservée à SAINT- FIACRE. Jusqu'à ces dernières années, les maraîchers constituaient une très grande part de la population et leur confrérie y était très vivante. Outre qu'il a son effigie sculptée sur un des chapiteaux, on peut le voir avec sa bêche sur le vitrail. Sa statue figure aussi sur la balustrade de la tribune. Elle fut donnée en 1908 par les maraîchers.

Enfin, encadrant la statue de l’ENFANT- JESUS- DE- PRAGUE, voici le patron traditionnel de la ville SAINT- MEDARD, puisqu’ainsi que nous l'avons vu plus haut, Max et Médard ne sont qu'une seule et même personne.

En nous retournant vers la porte d’entrée, notons cette belle balustrade dont nous venons de parler.  C’est l’œuvre de Monsieur MARTINO (1936), avec son ange musicien au milieu et les anges en bas reliefs, de chaque côté.

Redescendons la nef et sur notre droite, admirons les chapi­teaux des autres piliers.

Voici, entourant le vitrail de la VIERGE, SAINT-GEORGES et SAINT-MICHEL. En dessous ont été déposées les statues de SAINTE-ANNE, du SACRE-CŒUR et de SAINT- ANTOINE- DE- PADOUE.

Puis, si l'on peut dire, voici la famille terrestre de JESUS:  SAINTE-ANNE, dans son vitrail en­tourée des chapiteaux de SAINT-JEAN-BAPTISTE et de SAINT-JOSEPH.

La chapelle suivante est celle des saints modernes, SAINTE-BERNADETTE et SAINT- JEAN- MARIE- VIANNEY, au pied de Notre Dame de Lourdes.

En dessous a été aménagé un autel dédié à ce saint curé d’Ars, nouveau patron de la grande paroisse mais aussi de tous les prêtres. On peut y voir sa statue.

Enfin voici pour finir,  les chapiteaux des saints à la robe de bure, SAINT- BERNARD et SAINT- DOMINIQUE,  avec le vitrail de SAINT- ANTOINE-DE- PADOUE.

Tous les vitraux que nous avons salués au passage sor­tent des ateliers JANIN de NANCY. Monsieur HASSELWANDER a peint la grande verrière du chœur, qui retrace la vie de SAINT- LIVIER et son martyre. Ce beau vitrail axial, en triptyque, a remplacé pour une raison et à une date inconnues, les vitraux primitifs que l’on peut distinguer sur d’anciennes photos.

Les autres sont de Monsieur BADROT. Les vitraux des transepts représentent des scènes de la vie du CHRIST : la Sainte-Cène et le Christ au milieu des enfants à droite, la pêche miraculeuse avec PIERRE et la conversion de PAUL à gauche.

Cet embellissement  est à mettre au compte du zèle infatigable de l'abbé LAURENT qui fut curé de 1919 à 1938

 

AUTRES EMBELLISSEMENTS

On doit également à l’abbé LAURENT, le chemin de croix d'une réelle qualité en émail de Limoges sur faïence qui fut acquis en 1924. Les 10 000 francs furent payés par une souscription paroissiale.

En 1894, Monsieur le chanoine François Eu­gène PICARD, économe du grand séminaire, avait fait bénir les trois cloches dont nous entendons chaque jour le son grêle. En effet, leur dimension relativement restreinte et leur mode de tintement par marteau sont dus à l’exiguïté de la tourelle de l’escalier de ce qui devait être le futur clocher. Cette solution provisoire est malheureusement devenue définitive.

Elles eurent respectivement pour parrain et marraine, la première, 'Monsieur Paul WAHL et Madame Marie WEBER, la seconde, Monsieur Charles KELLER et Madame Marguerite ThOUVENIN,  la troisième Monsieur Georges COURTON et Madame Madeleine NOËL.

Elles portent également la mention Charles MARTIN fondeur à Nancy. Elles furent électrifiées en 1953.

Depuis 1904, une pierre brute surmontait le portail d'entrée. Il fallut attendre 1983 pour qu'un artiste local, Monsieur MENNINI, y sculpte l'élégant motif que l'on peut admirer. Il représente les éléments de l’eucharistie : la gerbe de blé et la grappe de raisin.

 

L’ORGUE

Cet inventaire serait incomplet si l’on n’y mentionnait l’orgue sur lequel veillent conjointement la municipalité et l’Association des Amis de l’Orgue qui organisent régulièrement des concerts dans l’église.

Construit à la fin du siècle dernier par BLESSI, fac­teur d'orgues lorrain, vraisemblablement avec des matériaux de récupération,  il fut d'abord installé dans la chapelle du Grand-Séminaire, avenue de Strasbourg. En 1908,  il fut trans­féré à la Chartreuse de BOSSERVILLE où il demeura jusqu'en 1951 pour aller à RENEMONT au Petit- Séminaire où il devait rester jusqu'à ce que la ville de SAINT-MAX le rachète en 1981.

Le buffet primitif fut détruit lors du transfert à RENEMONT. Un autre buffet fut alors construit. C'est celui qui se trouve actuellement dans l'église. Il fut agrandi et embelli par des apports provenant de la chaire et de deux confessionnaux qui venaient comme le maître-autel de la chapelle des sœurs du SACRE- CŒUR, située rue du Haut Bourgeois, et figuraient dans l'église dès sa construction.

C'est un bel instrument de 23 jeux qui ne comporte pas moins de 2500 tuyaux.  Il se compose de deux claviers de 54 notes et d'une pédale de 25 notes.

 

 

LES AMENAGEMENTS APRES LE CONCILE

        La réforme liturgique, à la suite du Concile de VATICAN II, imposa une nouvelle organisation du mobilier du chœur. La table de communion avait déjà été supprimée dès 1955. De 1979 à 1982, fut remonté l’orgue dans l’espace central du fond, libéré par l’ancien maître-autel détruit, alors qu’on installa un nouveau maître-autel, exactement à la croisée du transept.

        C’est un beau bloc de marbre anthracite dont les proportions sont bien adaptées à celle du bâtiment. Sur sa face antérieure a été fixé plus tard un tableau moderne représentant l’Apocalypse (œuvre de Mademoiselle HOFFALDT).

  Quant à l’ambon (pupitre des lectures de la Parole de Dieu, il a été lui aussi, fabriqué de façon fort heureuse, à partir de beaux matériaux récupérés de la chaire.

   L’ensemble est assez harmonieux : les tons chauds du bois réchauffent la froide blancheur des murs et des statues.

 On peut seulement regretter comme le fait remarquer la Commission diocésaine d’Art Sacré de l’époque, que cette nouvelle disposition est peu conforme aux règles liturgiques : elle met trop en valeur l’orgue vers lequel convergent tous les regards, au détriment du maître-autel. Le fronton du buffet d’orgue en outre, masque la partie basse de la belle verrière du fond.

 Un éclairage moderne central, couplé à un système de chauffage au gaz, le tout peu esthétique, a remplacé les lustres d’origine. Paradoxalement, il en résulte que l’éclairage indirect, latéral, illumine de sa douce et chaude clarté la nef, alors que le chœur, lieu central de l’action liturgique, est plongé dans une froide semi-obscurité.

Désormais l’église SAINT- LIVIER, comme d’ailleurs l’église SAINT-  MEDARD, l’église SAINT- PIERRE- AUX- LIENS de TOMBLAINE et l’église SAINT-MARTIN de DOMMARTEMONT font partie de la même grande paroisse  SAINT- JEAN- MARIE- VIANNEY.

 

Qui était  SAINT-LIVIER ?

La grande idée qui présida au choix de ce saint lorrain comme patron de la nouvelle paroisse, était qu'une dizaine d'années seulement après l'annexion de l’Alsace-Lorraine à l’ ALLEMAGNE, « un grand désir était né de rame­ner en terre française l'antique sanctuaire de MARSAL, foyer de grâces, école de patriotisme » (discours pro­noncé lors de la bénédiction solennelle de la première pierre).

C'est un héros et martyr messin qui, au lendemain de la défaite de 1870, fut choisi par Monseigneur TURINAZ. Dans le deuil où la Lorraine était plongée, SAINT_LIVIER, le défenseur de la ville de METZ face aux invasions barbares, apparaissait comme le symbole de la résistance à l'ALLEMAGNE.

SAINT- LIVIER naquit au début de V° siècle à  METZ. Il était le fils du sénéchal du pays messin, HONSTRAND et de Guinarde de GOURNAY.

Vers 418, le sénéchal fut appelé en ITALIE. Le jeune LIVIER qui allait atteindre sa 17ème année, accompagna son père. Mais modèle de foi et de vertu, il brûlait de visiter JERUSALEM. En pieux pèlerin,  il parcourut les lieux- saints.

Revenu de son pèlerinage,  il apprit la mort de ses pa­rents.  Il fut élu chef de l'armée messine forte de 40 000 hom­mes. L'empire romain était alors en pleine décadence. Attila qui ravageait l'EUROPE avec 300 000 hommes envahit le pays mes­sin. LIVIER organisa la défense de METZ, mais il succomba sous le nombre. Il fut pris par les barbares,  un samedi –saint, le 7 avril 441.

Après 8 mois de captivité,  il fut conduit à MARSAL près de VIC SUR SEILLE, et à cause de sa foi, décapité le 25 novembre sur le lieu où aujourd’hui encore, il est honoré dans une  chapelle où l’on vient en pèlerinage.

       

La piété populaire veut que comme les autres saints céphalophores : SAINT-DENIS à Paris, SAINT-ELOPHE et SAINT-EUCHAIRE en Lorraine,  SAINT-LIVIER ait ramassé sa tête.

 

L'imagerie populaire le représente dans cette attitude ainsi qu'on peut le voir sur le grand vitrail du chœur et sur un tableau contemporain de Gérard STOERQUEL, inspiré du CARAVAGE. Un grand reliquaire conservé à la sacristie, contient le talon de St LIVIER.

 

Placé sur un autel en dessous du tableau, un reliquaire renferme les reliques de St LIVIER et d’autres grands saints lorrains : ST- SIGISBERT patron de la ville de NANCY, ST- NICOLAS patron de la Lorraine, ST-MANSUY et ST- GERARD évêques de TOUL, ST-ROMARIc et ST- PIERRE-FOURRIER.