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Saint-Jean-Marie Vianney Saint-Jean-Marie Vianney

LES FUNÉRAILLES CHRETIENNES

     LES FUNERAILLES CHRETIENNES, C'EST L'AFFAIRE DE TOUS.

             Cette célébration ne relève pas d‘une seule personne (prêtre, diacre ou laïc), mais de toute la communauté paroissiale qui en un lieu bien précis doit se sentir concernée par les funérailles de l’un de ses membres.

            Célébrer des funérailles c’est se confronter au grand mystère de la mort, dans lequel nous sommes tous impliqués. Nous tentons de mieux l’apprivoiser par des gestes et des paroles symboliques : c’est le langage des rites funéraires que l’on rencontre dans toutes les religions

           Si en France actuellement 80 % des obsèques sont encore chrétiennes, les responsables pastoraux  sont confrontés à une évolution dans les mentalités: tendance à occulter la mort parce qu’elle remet en cause les valeurs dominantes de notre société (culte du corps, performance, jeunisme…), déshumanisation de la mort réduite à un phénomène biologique vécu dans un univers médicalisé au milieu de spécialistes et de machines.

            Les familles parfois confrontées aux tractations commerciales des services spécialisés, souhaitent bien souvent en faire une affaire privée, sans parler d’un autre phénomène actuel et jusqu’ici étranger à nos mentalités occidentales mais croissant: la crémation.

             Ajoutons à cela le fait que pour beaucoup de nos contemporains il n’y ait rien après la mort et que pour ceux qui croient encore en quelque chose, le lien avec la résurrection et même avec Dieu est difficile à faire: comme on a quand même du mal de considérer la mort comme la fin de tout, on croit en la réincarnation ou en une vague existence dans un ailleurs incertain.

              Pour l’Eglise se posent alors deux enjeux pastoraux  primordiaux  :

- d’abord permettre à la famille d’apprivoiser cette réalité de la mort qui dépasse les réalités biologiques, de faire le deuil mais aussi d’exprimer sa souffrance, sa révolte peut-être, ses doutes …d’où l’importance de l’accueil et des paroles de réconfort, qui seront dites,

- mais surtout montrer que c’est le mystère pascal du Christ présent dans l’eucharistie du dimanche que l’Eglise célèbre : lors des obsèques, les chrétiens expriment leur foi en la vie éternelle et en la résurrection. Le défunt avec son corps (que l’on encense) de baptisé, achève sa condition de fils de Dieu en accomplissant son passage à la suite du Christ, mort et ressuscité, ce qui nous amène à souligner l’importance des paroles et des gestes symboliques au travers de rites qui rappellent ceux du baptême (croix, cierge pascal, aspersion…). D’où le défi suivant: d’un côté accueillir la diversité des situations et des demandes, d’un autre côté proposer le cheminement de foi de l’Eglise.

                C’est pourquoi au-delà du fait qu’il ne s’agit pas au sens stricte du terme d’un sacrement, la pastorale des funérailles ne relève pas uniquement du prêtre mais c’est toute la communauté qui est concernée. Autrefois, le prêtre accomplissait toutes les tâches, depuis l’accueil de la famille, la veillée à la maison, jusqu’au. cimetière. Or le concile rappelle que toute action liturgique se vit en Eglise et non pas seul. : ce n’est donc pas M l’abbé X ou Mme Y qui célèbre en son nom propre. Il ne s’agit pas non plus de la pertinence de choisir entre un laïc et un prêtre mais d’une prise en charge commune par une équipe (avec ou sans le prêtre) qui représente la communauté chrétienne tout entière qui elle, fera mémoire du défunt lors de la messe du dimanche.

                Mettre à l’œuvre de telles équipes ne signifie donc pas que « les laïcs remplacent les prêtres ». Si le service de la compassion, de la prière et de l’annonce de la Bonne nouvelle dans le contexte de la mort, fait partie intégrante du ministère ordonné du prêtre ou du diacre, les laïcs, membres à part entière de l’Eglise, la représentent aussi lorsqu’ils sont appelés à diriger des funérailles puisqu’ils sont proposés par leur curé et mandatés par l’évêque et formés. Ainsi sur notre paroisse, six laïcs ont reçu cette mission, ce qui n’empêche nullement les prêtres et les diacres de présider quand ils le souhaitent et le peuvent.

              De cette manière, tout en respectant la spécificité des différents ministères et en faisant jouer les diverses possibilités offertes aux laïcs, la pastorale des funérailles signifie pleinement la dimension communautaire de la mission du Peuple de Dieu dans le monde d’aujourd’hui : annoncer l’Evangile !      

                                                        Bernard BAUDOIN, responsable diocésain de la Pastorale des Funérailles