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La Sainte-Trinité au Nord-Est de Nancy La Sainte-Trinité au Nord-Est de Nancy

L'église Saint-Michel

Bâtie sur les limites communales de Malzéville et de Saint-Max au cœur d’espace urbanisé au milieu du XXe siècle, elle est l’une des dernières églises contemporaines de l’agglomération nancéienne d’après guerre.

L’historique vu par un témoin de la construction

Témoignage de Fernand Carton. Janvier 2010.

 

Notre église, bien insérée dans l’espace urbain à flanc de plateau avec ses aires de stationnement, voudrait témoigner de l’esprit d’accueil, d’ouverture et de la foi en l’avenir qui a guidé les bâtisseurs

Quand notre église a-t-elle été construite ?

Saint Michel fait partie d’un ensemble d’églises nouvelles, nécessitées par les changements dans la texture du Grand Nancy au milieu des années 50 : Saint-François près du Parc des Expositions, Saint- Jean-Baptiste à Clairlieu, Saint-Paul aux Provinces, la Vierge des Pauvres au Haut du Lièvre. Des lotissements tels que le Nid et des immeubles s’étaient construits aux confins de Malzéville et de Saint-Max. Il fallait que se rassemblent ces nouveaux habitants, en majorité de jeunes foyers avec des enfants.

Dans quel état d’esprit a-t-elle été bâtie ?

En esprit d’Action Catholique avec un souci d’ouverture. Initié par Jean XXIII, le Concile Vatican II (1962-1965) met alors en oeuvre un souffle nouveau. Les curés-bâtisseurs de ces paroisses nouvelles visaient clairement le même objectif : bâtir une communauté, puis construire pour abriter cette communauté - et non l’inverse, comme cela se faisait autrefois ! Sur la plaque au-dessus du baptistère, vous pouvez lire que cette église se voulait « témoin du temps et de l’esprit qui anima Vatican II ». C’est essentiellement un esprit d’ouverture qui se manifesta dès les débuts, comme l’attestent les Heures d’amitié ouvertes à tous les gens du quartier. L’église a une forme originale : celle d’une TENTE, destinée à rassembler dans un espace circulaire des personnes issues d‘horizons divers. L’église s’ouvre aux quatre points cardinaux, signe d’une ouverture vers l’autre. La limite des communes passe par le milieu de l’église : on dit plaisamment que le curé prêche sur Malzéville et qu’on l’écoute sur Saint-Max !

Pourquoi ce nom ?

L’ensemble paroissial est construit sur l’emplacement d’une ancienne ferme adossée au Plateau de Malzéville, sous la protection de l’archange Michel (dont le nom hébreu signifie « Qui est comme Dieu ? »). Elle faisait pendant à la ferme Sainte Geneviève. Nommée depuis plusieurs siècles, elle appartenant à la famille Baudouin. Nous possédons des photos montrant l’aspect campagnard de ces lieux, l’étable, l’écurie, la grange... On peut encore voir devant le presbytère un ancien abreuvoir. La ferme Saint Michel a été achetée en 1954. Un référendum fut organisé : plusieurs noms furent proposés, mais une majorité préféra garder le nom ancien.

Qui a construit ?

Le Père André Vaillant fut « envoyé pour construire » par Mgr Lallier. Il entreprit ce travail collectif avec des familles qui avaient une mentalité de bâtisseurs, accédant à la propriété. Dans le « nouveau Saint- Max », à la limite de Malzéville, une communauté s’est forgée au cours des travaux, longs et difficiles. Des gens du métier ont guidé les gens du quartier, jeunes et vieux, dames et messieurs qui, avec leur curé, ont mis la main à ma pâte.

 

 

 

Quelles ont été les étapes de sa réalisation ?

19 juin 1955 : une première bénédiction, en plein air, par Mgr Lallier institue la communauté Saint-Michel
Noël 1955 : première Messe de Minuit dans l’ancienne grange ; ambiance authentique
1956 : de l’écurie, on fait la première chapelle, bénie par Mgr Nicolas (rénovée en 2009)
1956 : André Vaillant est nommé « curé de paroisse nouvelle ». Inauguration des salles de catéchisme par Mgr Kastelnecker, vicaire général
Hiver 1957 : les messes sont célébrées dans la salle de réunion, au-dessus des salles de catéchisme. L’autel de granit, fourni par Cochinaire, se trouve maintenant dans la chapelle
1959 : on abat des arbres, on démolit les bâtiments anciens : place nette pour la future église
22 mai 1960 : pose de la première pierre de l’église. On peut toujours la voir à l’angle Est de la façade et lire l’inscription tirée du 1er Livre de Samuel, 7, 12 : « Samuel dressa une pierre...Ici Dieu se fait secourable »
1961 : aménagement du presbytère en respectant la façade. On creuse les fondations de l’église : l’espace est en forme de cercle, signe d’unité. Pose de la charpente, opération très difficile
1962 : pose du clocher (sur le presbytère, car on ne met pas un clocher sur une tente !). C’est Lucien Lemineur, plus tard sacristain, qui a amené le clocher avec son camion-grue
1963 : bénédiction constitutive (qui vaut consécration) par Mgr Pirolley. On est en plein Concile : la Constitution sur la liturgie, qui recentre les signes sur le mystère du Christ, avait été votée quatre jours auparavant ! On a tout de suite dit la messe face aux fidèles, et le banc de communion n’a jamais été réalisé : il n’y a que l’agenouilloir en tapis rouge !

Quelle est la particularité de cette église ?

Le mur du choeur a fait l’objet de discussions. Le béton était alors à la mode chez les architectes : c’était l’époque où Le Corbusier construisait en privilégiant ce matériau. Certains paroissiens voulaient peindre le mur, d’autres le préféraient brut de coffrage, trouvant cela honnête et franc, signe de pauvreté évangélique. Les petits carrés de vitres multicolores atténuent l’austérité et signifient que l’espace n’est pas clos. La courbure montante incite à chercher la lumière en haut.

 

 

 

Comment s’est fait le financement ?

Comme pour ses soeurs les églises nouvelles du Grand Nancy : essentiellement par les dons des fidèles. Les organismes publics n’interviennent que pour des églises bâties avant le Concordat (sauf en Alsace-Moselle). Une commission diocésaine - dont faisait partie un paroissien, M. Huel, a aidé le Conseil Paroissial... Pour le denier du culte du Carême 1956, 150 réponses sont revenues sur 152 enveloppes distribuées. Des dons sont aussi venus de tout le Doyenné, des paroisses de Nancy et du Toulois, d’où était originaire le Père Vaillant. Les soucis financiers n’ont pas manqué, mais quand on avait une grosse facture, les chèques arrivaient. Pour récolter des fonds, on organisa une grande fête champêtre en juin 1957 : il y eut foule car on avait fait de la pub dans les journaux locaux.

Que peut-on voir à l’intérieur ?

Le grand Christ ressuscitant qui surmonte l’autel date de 1970 : c’est l’oeuvre d’un élève du célèbre bronzier César : encore à moitié cadavre, Jésus jaillit avec dynamisme, le bras levé comme un vainqueur, illustration du mystère pascal, coeur de notre foi
La statue de droite, en bois sculpté, a été commandée en 1975 à un sculpteur de Thiaucourt, en Argonne. Elle représente « …une femme, vêtue de soleil, la lune sous les pieds, et sur la tête une couronne de douze étoiles. Elle était enceinte et criait, dans le travail et les douleurs de l’enfantement » (Apocalypse, 12, 1-2l). C’est la figure de Marie, mais pas seulement. En 1964, le Concile Vatican II insérait le schéma sur la Vierge dans celui qui traite de l’Église, souhaitant que la référence à Marie se fasse toujours par rapport à l’Église
Le tabernacle qui fait pendant à cette statue a été patiné pour correspondre à la couleur brune de celle-ci. On aperçoit à l’intérieur un reliquaire offert par les paroissiens au curé fondateur
La statuette de Saint Michel Archange dans le baptistère, était, dit-on, depuis plus de deux cents ans dans une niche à l’entrée de la ferme
Le Vitrail polychrome de la chapelle du narthex est l’oeuvre de l’artiste parisien Jean Barillet
La toile derrière l’autel, conçue pour la veillée de Noël 1977, évoque l’oeuvre du Père Congar, expert au dernier Concile, qui a défini l’Église avant tout comme un Peuple en marche. Elle a été réalisée par un paroissien, ...
Dans le narthex, à gauche, se trouve la tombe du curé bâtisseur, en vertu d’un ancien usage
L’autel et l’ambon, en marbre blanc ont été réalisés par la maison Cochinaire, à la demande du Père Amiot en 2009

Quels prêtres ont été en charge de notre église ?

Un devoir de reconnaissance s’impose. Tous nos curés ont apporté leur contribution à l’entretien et à l’embellissement de notre église :

André Vaillant 1955-1966 avec le Père Colin
Pierre Lamy 1966-1988 avec Roland Kling et Jean-Pierre Picquart
Jean-Michel Janczak 1988-1995 avec les Pères Bohn et Shon
Robert Furgaux 1997-1999 : nous sommes unis à la Paroisse Saint Martin
Guy Jacques 1999-2006 : depuis 2000, avec Saint Christophe et Saint Martin, nous formons la paroisse de la Sainte Trinité au nord-est de Nancy.
Jean-Marie Amiot 2006-2010, avec Bruno Houplon, coopérateur.
Pierre Panon, à partir d’octobre 2010, avec Bruno Houplon puis Alexandre Thomassin, coopérateur.