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Catholiques en Meurthe-et-Moselle

Frères ici, frères là-bas

La Nuit des Témoins est passée par Nancy, le 31 janvier.

Le père Antonio Aurelio Fernandez demande le silence pour ponctuer son témoignage. C'est au Soudan que ce religieux trinitaire œuvre, souvent en secret, pour secourir et racheter les enfants enlevés par les mercenaires.  Des enfants « qui ne regardent  jamais dans les yeux car leurs ravisseurs les ont réduits en objets soumis. »

 



Pour les 950 personnes présentes dans la  basilique Saint-Epvre, ses mots comme ceux de chaque acteur de l'étape nancéienne de la Nuit des Témoins sonnent justes, simples et forts. Des paroles enracinées dans des réalités partagées au quotidien  avec les chrétiens persécutés en Syrie, au Soudan, au Pakistan et en Irak. Invités par l'Aide à l'Église en Détresse, tous les intervenants appellent à la mobilisation et à l'aide.




Avec fougue, Monseigneur Jean-Clément Jeanbart, l' archevêque melkite d'Alep, évoque son pays meurtri par la guerre contre l'État Islamique, mais souligne aussi que « la Syrie est une terre sainte abreuvée du sang des martyrs chrétiens depuis des siècles » avant de lancer à l' assistance captivée : « En Jésus-Christ nous sommes frères plus que si nous étions frères de sang. Ce sont ceux qui souffrent chez moi qui me poussent à aller crier pour eux partout.»

Oser le témoignage

Plus calme, mais tout aussi convaincant, Monseigneur Joseph Coutts, président de la conférence épiscopale du Pakistan, évoque les agressions physiques et les attaques contre les lieux de culte. Malgré  la liberté de croyance prévue dans la constitution pakistanaise, les chrétiens vivent dans une insécurité constante face aux groupes de pression islamistes qui réclament l'expansion de la Charia.  « La loi anti blasphème stipule que toute  personne qui dit du mal du prophète est punie de mort et celui qui porte atteinte au coran est emprisonné a vie. En dépit de ces obstacles nous voulons prouver que nous sommes une religion de paix au service de tous. Par exemple dans le plus grand hôpital catholique du pays la majorité des médecins sont musulmans et on soigne tout le monde », indique l'archevêque de Karachi qui n'entend pas baisser les bras.

À son tour, sœur Lika Marooki, religieuse dominicaine réfugiée à Erbil, en Irak, parle avec émotion des jeunes à qui elle entend redonner le goût de vivre par la musique et l'éducation, dans des conditions précaires. D'une voix douce, elle relate sa fuite depuis Ninive avec son cortèges d' images insoutenables, et invite à « porter ces hommes et femmes dans la prière.» 
Pour tous, une seule option s'impose à leurs frères d'ici : s'engager et agir à son niveau avec ses moyens pour ne pas rester sourd et faire comme si on ne savait pas.
Et surtout « oser le courage du témoignage », comme le rappelle avec force Monseigneur Jean-Louis Papin qui conduit ce temps fraternel et solidaire.Au pied de l'autel, les portraits des prêtres religieux et religieuses assassinés en 2015 interpellent l'assemblée. Eux, ils ont témoigné jusqu'au bout !