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L'épreuve de la maladie

Cette homélie de Jean-Pierre Azambourg fait suite à la journée de la Pastorale santé, le 14 février 2016

Homélie pour le 14 Février, dimanche de la santé    Luc 4, 1-13

 

Aujourd’hui ce premier dimanche de carême est aussi dimanche de la santé célébré dans la plupart des diocèses de France. Il nous permet de prier tous ensemble avec et pour nos frères et sœurs malades et handicapés de toute nature, et également avec et pour ceux qui les soignent, ceux qui les aident et les visitent (Aumôneries des établissements de santé  et SEM de chaque paroisse).

Beaucoup parmi nous et dans nos familles passent par l’épreuve de la maladie. Quand la souffrance se débusque, qu’elle soit physique, morale ou encore spirituelle, qui n’est pas  tenté de pousser un cri ! Qu’est ce qui m’arrive ? Où es tu Seigneur ? Qu’est ce que j’ai donc fait au Bon Dieu ? Des cris de révolte ! Le cri face à la misère de l’homme ou face à toute oppression, à toute violence, c’est un cri qui, en réalité, court tout au long de la bible.

Déjà dans le Deutéronome « Nous avons crié vers le Seigneur, il a entendu notre voix,  il a vu que nous étions dans la misère, la peine et l’oppression ». De même  le Livre de l’exode insiste « J’ai vu, oui j’ai vu, la misère de mon peuple et je l’ai entendu crier sous les coups de ses chefs de corvée ». Un Dieu qui voit et entend mais n’est pas le magicien qui supprimerait le mal d’un coup de baguette. Il accompagne en réalité l’humanité en se faisant l’un de nous : Jésus  affronte le mal à sa racine et directement l’auteur du mal. 

Nous-mêmes alors dans l’accompagnement du frère souffrant, la première chose à faire, c’est   sans doute de l’écouter, d’entendre son cri: une écoute entièrement gratuite, bienveillante et chaleureuse. Des paroles, un dialogue pourront venir seulement ensuite dans le combat contre la maladie.

A la lecture de l’évangile de ce jour, Jésus livre lui-même un combat.

La toute Puissance du Fils de  Dieu serait elle dans un pouvoir magique au point de transformer des pierres en pain, dans la possession des biens et des royaumes, ou encore dans la séduction par des prodiges ? Trois tentations humaines du pouvoir de l’avoir et du savoir devenant scandaleuses quand elles sont poussées à l’excès. D’autres tentations nous guettent d’ailleurs dans un monde  imprégné de consommation et de matérialisme.   

Jésus  se situe en réalité dans la toute puissance de sa miséricorde et de son amour viscéral envers les petits, les malades, les pauvres et les pécheurs.

Nous le voyons guérir et sauver ceux qu’il rencontre sur le chemin de Jérusalem jusqu’à la croix. Nous le voyons s’arrêter tout net devant l’aveugle pour le guérir, aller à la rencontre de l’épileptique «  sors de ce homme dit il au diable »,  remué dans ses entrailles devant la veuve qui a perdu son fils et le lui rendre vivant, touché au plus profond de lui, devant le groupe de lépreux qui repartent guéris, s’émerveillant de la foi de ceux qui portent un paralysé et le guérir, mettre en exemple le Bon Samaritain s’arrêtant auprès du blessé sur la route. De pleines pages de guérisons et de salut. 

Et nous, comment nous battre face au mal sous toutes ses formes et nous situer aujourd’hui ? Sinon, comme Jésus, par l’action dans la Miséricorde et par la Parole de Dieu, le pape François nous y invite de façon pressante. Jésus, par ses guérisons, réintègre dans leur communauté ceux qui ont été exclus par la maladie. N’avons-nous pas nous-mêmes déjà à faire en sorte que nos frères et sœurs malades soient d’une certaine façon plus présents au milieu de nous, au centre de notre attention et de notre prière ? Le SEM, véritable démarche communautaire qui  représente notre paroisse auprès d’eux, va nous y  aider. A côté des professionnels de la santé, du SEM et de l’AH, il y a une large place pour l’entraide auprès de nos frères et sœurs. Place pour prendre soin, pour être même aux petits soins et déjà dans nos familles. Place pour être serviteurs et acteurs de miséricorde en tous lieux et en tous temps.

Comme Jésus tout imprégné de la parole biblique répond au démon, nous aussi entrons dans la parole de l’Evangile pour résister aux tentations « Tout près de toi est la Parole, elle est dans ta bouche et dans ton cœur » avons-nous entendu. Que la Parole soit effectivement près de nous, dans notre bouche et dans notre cœur. Une Parole écoutée avec joie, méditée si possible à plusieurs, une parole priée et transmise.

La méditation des textes de psaumes et d’évangiles au fur et à mesure des jours qui passent vont nous aider à vivre ce carême en communion avec toute l’Eglise, à entrer  dans la prière, le jeûne et le partage, à réaliser des œuvres de miséricorde, tout autour de nous. Que l’Esprit Saint, comme Jésus au désert,  nous y aide et nous soutienne !