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SYNTHESE DES REPONSES (ANIMATEURS)

Suite au questionnaire adressé aux animateurs du diocèse, le Père D'Hausen dresse un bilan des réponses.

 

 

Diocèse de Nancy & Toul

Synthèse des réponses au questionnaire diffusé en vue du synode 2018.

Réalisée à partir d’une grosse vingtaine de retours (c’est peu, mais de provenances assez diversifiées).

 

Nous avons choisi de privilégier deux thèmes :

1/ Quel regard les adultes portent-ils sur les jeunes : leur lien avec l’Église, leurs attentes, la prière dans leur vie…

2/ L’accompagnement spirituel des jeunes et la question de leur vocation

 

Est souligné ce qui semble le plus important.

 

Regard des adultes sur les jeunes

 

Celui des animateurs directement impliqués en mouvements, aumôneries… est souvent plus positif que celui des personnes plus « extérieures » (paroissiens « lambda »), qui est facilement sombre et résigné.

Sur la question de l’intériorité : malgré le constat de la difficulté au silence et du besoin de communiquer à propos de tout et rien, les animateurs notent cependant un besoin de silence, et notent la grande qualité du silence vécu par les jeunes lorsqu’il est proposé. En général, il semble qu’on fait plus de place au silence dans la prière.

Les séjours à Taizé ont une grande influence dans beaucoup de groupes du diocèse. La façon de prier à Taizé, et l’alternance chant-silence, marquent beaucoup les jeunes. Une animatrice estime que cette génération a une aptitude spéciale pour ce type de prière, basée sur la Parole de Dieu, les différentes langues, et le silence.

Entre parenthèses : à côté de Taizé, un autre lieu perçu comme particulièrement vivant pour les jeunes, c’est le scoutisme (avec l’ambiance qu’il apporte pour la prière, nuit, feu, étoiles, beauté de la nature…) Comme pour Taizé, l’ambiance compte beaucoup pour aider à prier. Et la prière reste en mémoire.

La prière d’alliance (merci-pardon-s’il-te-plaît) marque les jeunes, plus que d’autres formes de prière.

Les jeunes ont besoin d’être accompagnés dans les chemins de la prière. Aux animateurs de fixer le cadre  (proposer ces temps d’intériorité, seul ou en groupe), de proposer des textes, avec des mots accessibles (ceux du Pape François sont très bien reçus) pour aider à la prière, et aussi de relire l’expérience. Le MEJ, dans ses rassemblements, invite les jeunes à des temps courts, mais souvent renouvelés, de prière dans la journée.

Plusieurs accompagnateurs soulignent que des jeunes, lorsqu’ils sont libres de toute contrainte, peuvent choisir de se lever en pleine nuit pour aller à un office, ou de rester au-delà du temps à la chapelle lors d’une veillée…

Concernant l’intériorité des jeunes, un prêtre souligne le risque d’une confusion, aujourd’hui, entre ressenti et foi. Il l’explique par le manque d’une éducation à désirer Dieu, le chercher, le contempler, et le manque d’un contenu de foi chez les jeunes.

Un autre prêtre va un peu dans ce sens, à propos des étudiants, en soulignant leur besoin d’émotion dans la liturgie, besoin qui peut s’exprimer dans l’attrait pour la liturgie traditionnelle ou pour les célébrations avec orchestre rock. D’autre part, selon lui, les étudiants sentent qu’ils sont peu formés intellectuellement, qu’ils en auraient besoin, mais ne se donnent pas les moyens.

Les actions caritatives au long de l’année ont beaucoup de succès dans les groupes d’aumônerie. On perçoit la générosité des jeunes. Un certain nombre d’étudiants, perçoivent d’ailleurs que la foi vécue va avec un engagement concret, qu’ils n’hésitent pas à prendre pour certains, de façon assez radicale (année humanitaire, MEP ou Fidesco, bénévolat à ABO, Arche…)

 

En établissement scolaire catholique, les choses semblent plus ardues. Grande difficulté à accrocher les jeunes, qui viennent en nombre très limité aux plus grandes célébrations, et ne viennent pas du tout lors de propositions ponctuelles (temps de prière, d’échange…) On sent le désarroi des animateurs confrontés à une absence de demande, de « soif ». Dans un cas rapporté, les conditions matérielles d’une célébration (une messe de Noël dans un couloir) ne pouvait qu’empêcher les jeunes d’entrer dans l’intériorité.

 

En ce qui concerne les regards de paroissiens sur les jeunes :

En paroisse, les demandes de baptêmes ou de mariages restent la dernière occasion de toucher beaucoup de jeunes foyers, loin de la pratique.

Certains parents, grands-parents, simples paroissiens, ont un regard assez (voire très) négatif et résigné : ils estiment que la barrière entre eux et leurs enfants est trop grande, que les préoccupations sont trop différentes voire incompréhensibles, que les jeunes qu’ils connaissent ne demandent rien à l’Église ou à la paroisse… On voit aussi une incompréhension (comme chez une grand-mère) de certains groupes ou mouvements « spirituels » et « un peu réactionnaires », qui auraient du succès auprès des jeunes parce qu’ils jouent sur un besoin de sécurité.

La perception de la barrière adultes/jeunes est accentuée dans le rural, quand on a l’impression que les lieux attrayants pour les jeunes ne sont qu’en ville.

Un aumônier relève que les étudiants peuvent être fermés à l’intergénérationnel : ils sont bien entre eux, avec ceux de leur âge. Ils se sentent souvent seuls croyants dans un environnement indifférent. Ailleurs, une animatrice en charge de lycéens, soulignait l’importance, pour les jeunes qu’elle accompagne, de former entre eux une petite communauté (entretenu par repas, page Facebook) chrétienne, qui dure même lorsqu’ils sont séparés.

Certains estiment que les jeunes sont en recherche d’une vie d’Église plus fraternelle, qui inclue des projets à mettre en œuvre. Une autre personne souligne que si les adultes sont impliqués et bienveillants, les jeunes sont tout à fait prêts à entrer dans une écoute respectueuse et attentive. Dans les communautés chrétiennes, en se situant davantage sur un « chemin de vie », les adultes pourraient se rendre plus proches des jeunes. On souligne donc qu’il y a un effort de fraternité à faire de la part des plus âgés. Et de la part des prêtres, perçus comme trop lointains.

Une maman plus jeune, et pleine d’espérance, estime elle que la foi des jeunes chrétiens n’est pas « de convenance », qu’ils ont un grand sens de la charité, qu’ils aimeraient qu’on leur fasse davantage confiance, tout en ne leur demandant pas une disponibilité qu’ils ne peuvent pas avoir.

 

2/ L’accompagnement spirituel des jeunes

 

Selon plusieurs retours, l’accompagnement spirituel des jeunes, et surtout la question des vocations, seraient les parents pauvres de la pastorale des jeunes en paroisse ou en aumônerie.

Certains animateurs disent quand même aborder le sujet de la vocation, avec cette idée que les jeunes (en aumônerie de collège en l’occurrence) sont « trop jeunes pour choisir mais pas pour y penser ».

Pour ce qui est de l’accompagnement plus « habituel », un animateur souligne que s’il ne se sent pas « guide expert », il essaie tout simplement de faire passer quelque chose de son amitié, de sa complicité avec Jésus, de son désir de Dieu. Les animateurs ont confiance dans le fait qu’ils sont placés sur le chemin de ces jeunes. Ils sont disponibles. Un autre animateur reconnaît que s’il écoute et parle facilement avec les jeunes, il se sent sec devant certaines questions spirituelles. Il aurait besoin d’être plus formé, mais n’en a pas le temps. En règle générale, les animateurs de groupes d’aumônerie se sentent proches des jeunes, qui les sollicitent facilement, mais reconnaissent ne pas être très familier du discernement spirituel. Ils expriment un besoin de ressourcement avec d’autres animateurs pour des partages d'expérience, voire de formation.

Il est souligné l’importance dans une équipe d’animation, d’une pluralité de sensibilités. Et aussi le besoin de la présence d’un prêtre. Les animateurs qui expriment ce besoin (de présence d’un prêtre) semblent avoir le sentiment de quelque chose que lui seul peut apporter.